Blog de Mathieu Hanotin

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lundi 22 février

Il est urgent de réfléchir aux véritables causes de la violence scolaire


Vous trouverez ci-dessous la tribune sur la violence scolaire et les remèdes à y apporter, parue sur lemonde.fr aujourd'hui et que j'ai signée avec Bruno Julliard, secrétaire national du PS à l'éducation.




A la veille de chaque échéance électorale, la droite fait mine de découvrir le problème de la violence scolaire et de l'insécurité. Surfant sur l'émotion suscitée par des faits graves, le gouvernement avance tête baissée sans se soucier ni de la réalité du terrain, ni de l'efficacité des réponses. La violence scolaire, loin de faire l'objet d'une analyse sérieuse et d'une politique ambitieuse, est devenue un hochet agité au gré des événements et de ses besoins électoraux. Pire, sous couvert de répondre à des faits concrets, il développe une idéologie qui fait de la répression le seul levier d'action de la puissance publique.

Après l'irruption d'une vingtaine de jeunes armées de barres de fer dans un lycée de Gagny, après l'agression d'une enseignante d'un collège près de Toulouse au couteau par un élève de 13 ans, s'en est suivi un déferlement d'annonces plus spectaculaires les unes que les autres : installation de portiques de sécurité devant les établissements scolaires, vidéosurveillance, habilitation donnée aux personnels d'éducation pour fouiller les cartables, proposition de loi antibandes… Constatons le fossé entre ces annonces et leur réalisation : à l'épreuve de la réalité, disparus les portiques de sécurité et la fouille des élèves. Tout juste la création d'"équipes mobiles de sécurité" qui tenteront d'apaiser les tensions jusqu'au prochain incident et le développement des diagnostics de sécurité dans les collèges pour envisager des travaux de sécurisation laissés à la réalisation et au financement… des collectivités !

Le vrai bilan de la droite en matière d'éducation ne se lit qu'en négatif : suppression massive d'enseignants et de personnels de surveillance dans le second degré, ghettoïsation des établissements les plus sensibles avec la suppression de la carte scolaire.

Le mouvement de grève dans les collèges et lycées de la Seine-Saint-Denis témoigne de l'exaspération de plus en plus d'enseignants et de personnels éducatifs devant leurs difficultés à remplir leur mission dans les conditions actuelles et l'absence de toute politique efficace. Il est urgent de réfléchir aux véritables causes de la violence scolaire : notre modèle éducatif est à bout de souffle, il produit de l'exclusion et il reproduit les inégalités sociales. Majoritairement de répétition et concentrée dans 10 % des établissements, la violence ne pourra être combattue que par une politique qui s'attaque à ses racines : le décrochage scolaire et la relégation dont sont victimes les jeunes des classes populaires.

Une politique qui vise à lutter contre la violence dans les établissements scolaires doit s'attacher à offrir un environnement de qualité, où des adultes qualifiés (enseignants, CPE, surveillants, conseillers d'orientation psychologiques, éducateurs spécialisés, assistantes sociales, infirmières…), sont disponibles pour assurer un suivi attentif des élèves les plus en difficulté et pour prévenir les comportements violents. La prise en charge individuelle des jeunes en difficulté est donc une priorité. C'est l'ensemble de la communauté éducative qui doit se mobiliser autour des faits de violence et autour des jeunes concernés. De manière plus collective, des mesures de prévention, pas seulement en réaction à un fait mais en amont, doivent être mises en avant : sensibilisation dans les classes, qualité de la relation pédagogique entre les enseignants et les élèves…

L'inflation des annonces sans aucune portée sur le terrain doit cesser. A force de gesticulations, les professionnels concernés ne vont plus croire en la capacité des responsables politiques de changer le cours des choses. Or, restaurer un environnement de qualité dans les établissements est essentiel pour que le système éducatif et l'ascenseur social qui va avec ne se fissurent définitivement.


Bruno Julliard est secrétaire national à l'éducation au Parti socialiste.

Mathieu Hanotin est conseiller général de Seine-Saint-Denis, vice-président chargé de l'éducation


A retrouver également sur lemonde.fr



vendredi 19 février

Tribune d'élus socialistes d'Ile-de-France sur les actes de violence à l'Ecole


Vous trouverez ci-dessous une tribune que j'ai signé avec de nombreux élus locaux d'Ile-de-France et publiée sur Médiapart . Elle réaffirme la priorité des réponses humaines face aux actes de violence à l'Ecole.

Elle a notamment été signée par: Bruno julliard secrétaire national du PS à l'éducation et Abdelhak Kachouri, tête de liste socialiste en Seine-Saint-Denis pour les élections régionales.






Nous, élus locaux des départements et de la région Ile-de-France, assistons chaque jour à la montée d'un véritable malaise dans nos écoles, nos collèges et nos lycées.

Si l'école maternelle et élémentaire a largement fait et fait encore les frais de mesures essentiellement motivées par une logique comptable visant à amputer le budget consacré à l'Education, la réduction des moyens humains et la suppression de la carte scolaire dans le second degré démontrent encore plus clairement la volonté du gouvernement de créer un système scolaire à deux vitesses. Il est en effet inacceptable de voir des collèges aux publics fragiles, notamment les collèges du réseau « ambition réussite », davantage pénalisés par l'assouplissement de la carte scolaire. La Cour des comptes a d'ailleurs récemment souligné le risque de créer de véritables « ghettos scolaires » en permettant aux élèves ayant les meilleurs résultats de quitter prioritairement ces établissements. Cette politique est celle de la rupture avec l'idéal républicain d'une école de la réussite de tous.

Le fait que  le ministre de l'Education et la ministre candidate de l'Enseignement supérieur se soient autorisés, à nouveau, à instrumentaliser l'agression d'un élève au sein du lycée Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine pour replacer les questions de sécurité au cœur de la campagne pour les élections régionales nous a choqué même si le gouvernement est coutumier du fait.

Rappelons en effet que déjà, au moment de la campagne des élections européennes, Nicolas Sarkozy, selon une pratique maintenant bien rôdée, avait sous prétexte d'apporter des réponses à la montée de la violence en milieu scolaire, proposé l'installation de portiques anti-métaux dans les établissements du second degré. Au-delà de l'inefficacité de la mesure, du manque de connaissance de la réalité vécue par les communautés éducatives qu'elle révélait, son coût était juste faramineux ! Il aurait sans nul doute, si le gouvernement avait persisté, dû être majoritairement supporté par les collectivités locales compétentes en matière de travaux de sécurisation.

Mais l'instrumentalisation des questions de sécurité tout comme le réflexe d'annoncer sans concertation ni moyens des mesures qui impacteront de fait le budget de nos collectivités est une méthode  largement éprouvée par le gouvernement !

Désormais un autre pas est franchi : le gouvernement va jusqu'à imputer la responsabilité de l'agression de Vitry-sur-Seine aux collectivités (départements et région) au prétexte qu'elles n'auraient pas installé la clôture que le diagnostic de sécurité de l'établissement aurait recommandé!

Au-delà de l'inélégance de la méthode, nous souhaitons rappeler que ces diagnostics ont été décidés unilatéralement par le gouvernement et que très rares ont été les collectivités à y être associées. A Paris comme dans le Val-de-Marne, nous n'avons pas été invités à participer à leur élaboration ni même reçu ces documents.

Symptôme d'un malaise social aggravé chaque jour par la crise, l'augmentation des actes de violence n'épargne, il est vrai, ni les abords ni l'intérieur des établissements scolaires. Nous constatons pour autant que si une grande partie des communautés éducatives sollicite des dispositifs qui permettent de contrôler les accès des collèges, la bunkerisation des établissements proposée par le Gouvernement ne fera jamais office de solution miracle pour enrayer la montée des violences. Seule une présence d'adultes suffisante peut garantir, au sein des établissements, le dialogue avec les élèves et un niveau d'encadrement sans lesquels la lutte contre la violence est vouée à l'échec.

Or, le gouvernement file la contradiction : après avoir supprimé plus de 36 000 postes dans l'Education nationale en 4 ans et annoncé la suppression de 16 000 postes supplémentaires à la rentrée 2010, la ministre candidate de l'Enseignement supérieur vient de réitérer sa proposition visant à financer des postes de surveillants-tuteurs afin de prendre en charge les jeunes les plus difficiles dans les lycées. La majorité présidentielle a aussi proposé de déployer des gendarmes à leurs alentours pour créer « un climat d'insécurité permanent chez les délinquants ». Sans parler de la stigmatisation des élèves que ces propositions induisent, nous pensons au contraire que de telles mesures risqueraient encore  d'aggraver le climat de tension qui règne déjà dans certains collèges et lycées. 

Nous pensons qu'aux actes de violence doivent d'abord être apportées des réponses humaines privilégiant le soutien aux professeurs, aux éducateurs et à leur juste autorité, ainsi qu'aux familles et aux élèves en difficulté ou en situation de décrochage. Qui d'autre que les enseignants, les conseillers principaux d'éducation et d'orientation, les personnels qualifiés de vie scolaire, les infirmiers, assistants sociaux et psychologues scolaires peuvent contribuer au quotidien à la sérénité au sein des établissements ? Leur connaissance des élèves, de leurs fréquentations et de leurs familles leur permet bien souvent de prévenir le passage à l'acte. C'est pour cela que nous demandons sans relâche que des postes pérennes d'enseignants et de personnels de vie scolaire soient rétablis et que nous refusons le recours à des personnels précaires pour effectuer les remplacements.

Aussi, nous ne pensons pas que les Etats généraux de la violence scolaire déboucheront sur des solutions concrètes. Ils ne sont qu'une énième annonce du ministre de l'Education nationale pour politiser (au sens politicien  du terme) cette question. 

Convaincus de l'importance de cet accompagnement humain, nous développons, dans le cadre de nos compétences, des dispositifs spécifiques qui contribuent à proposer des réponses axées sur la prévention, l'accompagnement des élèves les plus fragiles en lien avec les familles - en particulier les jeunes décrocheurs - à l'école et dans leur quartier, l'aide à la parentalité ou encore le soutien aux projets de promotion de la citoyenneté, axés sur la lutte contre toutes les formes de discriminations ou l'accès à des activités culturelles et sportives.

Quant au traitement des faits de grande violence, nous redisons avec le président de la région Ile-de-France, qu'il serait bon que l'Etat prenne ses responsabilités puisqu'en la matière il reste seul compétent.

 

Colombe Brossel, adjointe au Maire de Paris chargée de la vie scolaire et de la réussite éducative

Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris, tête de liste du Parti socialiste aux élections régionales à Paris

Bruno Julliard, Adjoint au Maire de Paris chargée de la jeunesse, Secrétaire National du Parti Socialiste à l'éducation

Gerard Sebaoun, Vice-Président du Conseil Général du Val d'Oise, chargé de l'éducation, la jeunesse et la prévention.

Monique Delessard, Vice-Président du Conseil Général de Seine-et-Marne, chargée de l'éducation et des collèges.

Mathieu Hanotin, Vice-Président en  Seine Saint Denis, chargé de l'éducation, de la citoyenneté et de la lutte contre les discriminations.

Abdelhak Kachouri, tête de liste du Parti Socialiste pour les élections régionales en Seine-Saint-Denis

Ali Soumare, tête de liste du Parti Socialiste pour les élections régionales dans le Val d'Oise

Michèle Sabban, tête de liste du Parti Socialiste pour les élections régionales dans le Val-de-Marne

A retrouver également sur Médiapart