Visite de Sarkozy en Seine-Saint-Denis : la communication ne suffit plus !
Par Mathieu Hanotin le mardi 20 avril, 20:22 - Politique nationale - Lien permanent

Nicolas Sarkozy était présent ce jour à la Préfecture de Bobigny à l'occasion de la prise de fonction de M. Christian Lambert, nouveau préfet de Seine-Saint-Denis et ancien « super flic ». La nomination de M. Lambert et le déplacement de Sarkozy accompagné de Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur et du directeur de la police nationale, faisaient de ce déplacement un moment fort de la communication du gouvernement.
Je ne préfère pas m’étendre sur la préfecture fermée au public durant deux jours et dont l’accueil est déjà en temps normal indigne d’un service public (notamment au service des étrangers) ou du déploiement impressionnant des forces de police autour de la préfecture et qui font cruellement défaut au quotidien dans nos quartiers. Non je préfère m’en tenir à l’analyse critique de la communication présidentielle centrée sur les problèmes de sécurité et d'éducation.
Communication, car l’organisation d’une grande messe d’intronisation d’un nouveau préfet est très éloignée des préoccupations et des attentes des habitants du département et particulièrement des plus fragiles qui font les frais de l’échec en matière de sécurité de la politique de Nicolas Sarkozy.
Communication, lorsque Sarkozy refuse de dresser le bilan critique de l’action ou plutôt de l’inaction de la droite en matière de sécurité depuis 2002 et qui est aussi son bilan en tant que ministre de l’intérieur de 2002 à 2004 et de 2004 à 2007.
Face à une situation qui n’a cessé de se dégrader depuis 2002, les élus locaux le disent et le redisent la Seine-Saint-Denis a besoin d’au moins 400 policiers que ce soit dans les domaines de l’action de proximité, de l’investigation ou de l’intervention rapide.
Communication, car on ne peut pas vouloir réduire durablement l’insécurité et faire un dogme du désengagement de l’Etat dans l’éducation, la santé, la solidarité et plus généralement dans l’ensemble des services publics.
Communication, lorsque Sarkozy sort du thème de la sécurité et instrumentalise le problème du décrochage scolaire dont les deux solutions miracles seraient : la suppression systématique des allocations familiales aux parents d’élèves dont les enfants sont absents de manière injustifiée et la concentration dans deux établissements du département des enfants décrocheurs.
Je suis particulièrement en colère lorsque j’entends un tel discours provocateur, démagogique et populiste. Nous savons pertinemment que le gouvernement n’assume pas ses responsabilités minimales en matière d’éducation comme permettre aux élèves d’avoir un professeur en face d’eux. De plus comment croire que la concentration de tous les enfants qui cumulent des difficultés dans deux établissements serait une solution, c’est par une prise en charge individualisée que nous réussirons à lutter contre le décrochage scolaire.
Si Sarkozy souhaite vraiment lutter contre le décrochage scolaire, je l’invite avant tout à abandonner le fantasme éternel de séparer le bon grain de l’ivraie. Et de soutenir enfin les dispositifs innovants mis en place par le Département pour lutter contre le décrochage scolaire, appuyer la parentalité ou développer la citoyenneté et la culture et que l’Etat refuse jusque là de soutenir.
La seule politique éducative valable est celle qui assume la responsabilité collective de construire l’école républicaine ayant pour objectif la réussite de tous les jeunes.
Je n’ai qu’une chose à dire pour conclure : nous en avons assez ! Nous en avons assez des fausses promesses ! Nous en avons assez de devoir attendre des situations extrêmes comme aujourd’hui à Tremblay ou il y a quelques mois à la gare de Saint-Denis pour avoir une intervention à minima de la puissance publique. Nous en avons assez que la Seine-Saint-Denis soit le centre de la communication de la droite une fois par an et l’éternelle oubliée au quotidien.







