Présentation de mes voeux
Par Mathieu Hanotin le lundi 8 février, 10:00 - Actions pour le canton - Lien permanent
Vous trouverez ci-dessous le discours que j'ai prononcé lors de la présentation de mes vœux. J'en profite pour remercier toutes les personnes qui sont venues et qui ont permis le succès de cet événement.
Mes chers amis,
C'est avec un grand plaisir, et même plus, avec une grande fierté que je m'adresse à vous en cette fin du mois de janvier. Une cérémonie de vœux c'est un moment traditionnel, que certains jugent peut-être désuet mais qui à mes yeux est un moment important où les élus qui ont reçu votre confiance dans les urnes se doivent de tirer les enseignements de l'année écoulée pour mieux tracer une perspective pour l'année à venir.
Je viens d'employer le mot fierté. Il est très important à mes yeux. La fierté, elle vient directement de la confiance que vous m'avez accordé il y a maintenant 2 ans, pour vous représenter et pour défendre vos intérêts au sein du conseil général. Cette fierté elle s'accompagne pour moi d'une responsabilité encore plus grande car en m'élisant vous avez fait le choix de donner un nouvel élan à toute la Seine-Saint-Denis en permettant l'élection de Claude Bartolone à la tête du département.
Depuis 2 ans, tous les jours nous nous engageons pour changer la donne dans notre département pour l'ensemble de nos concitoyens. Je suis convaincu que l'élection de Claude Bartolone a permis d'incarner physiquement ce nouveau souffle dont nous avions tant besoin.
En premier lieu, il y avait urgence à mener le combat pour changer l'image de notre département, de passer du 9-3 stigmatisé et misérabiliste à une Seine-Saint-Denis populaire qui va de l'avant. Un territoire qui s'appuie sur toute la richesse de la diversité culturelle, d'origines, de couleurs de sa population. Un territoire qui s'appuie sur toute la force que représente sa jeunesse avec sa capacité d'innovation et d'inventivité.
Clairement pour nous la Seine Saint Denis, c'est la France de Demain, une France multiculturelle, tolérante, solidaire et ambitieuse.
Ce combat pour l'image de notre département, nous l'avons mené, et nous continuons à le mener. Il est nécessaire mais évidemment pas suffisant. Changer l'image, si rien ne suit derrière, cela ne sert pas à grand chose et c'est en tout cas un choix que nous nous sommes toujours refusé à faire.
Depuis 2 ans nous avons lancé beaucoup de chantier pour amener de réels éléments de changement dans votre quotidien.
Sur la petite enfance avec l'ADAJE, allocation départementale Accueil Jeunes Enfants, dont bénéficie plus de 5000 familles chaque année, sur le logement avec l'ACGPO, l'aide à la rénovation et à l'équipement des propriétaires occupants, sur nos 3 villes, c'est plus de 400 personnes qui en ont bénéficiés...
Mais je voudrais aujourd'hui m'attarder sur 2 priorités en particulier, qui ont été et qui seront l'année prochaine encore, les nôtres.
L'éducation tout d'abord, dont vous le savez, Claude Bartolone m'a fait l'honneur de me confier cette délégation.
Ensemble, nous avons fait le constat de l'urgence à agir pour investir dans la réussite des jeunes de notre département.
Un plan exceptionnel de près de 30 millions d'Euros pour les travaux d'urgence et de sécurité dans les collèges. Un soutien fort à nos universités, nos écoles et à toutes les initiatives visant à améliorer l'offre de formation sur notre territoire. Un engagement nouveau, au-delà de nos compétences dans la lutte contre le décrochage scolaire notamment par la mise en place de dispositif de gestion des élèves exclus durant le temps de l'exclusion.
Et deuxièmement et évidemment, c'est la question des transports. 2010, verra tout d'abord la poursuite des 2 grands chantiers de Tram. Le T1 à l'ouest qui reliera dès 2012 la Gare de Saint-Denis et l'Ile-Saint-Denis à l'interconnexion du RER C de Gennevilliers. Le T5 au nord qui reliera la place du 8 mai 45 à Pierrefitte et qui sera l'occasion d'un réaménagement majeur de la RN1 et de la RD128.
En 2010, c'est également le lancement des études du futur T8, que l'on connait plus sous le nom de TramY qui reliera quant à lui l'université de Villetaneuse, la Gare de Saint-Denis jusqu'à Paris et la Porte d'Aubervilliers Sur tous ces chantiers c'est notre département qui est à l'œuvre. Mais, il faut le dire et le répéter, nous ne pourrions pas agir sans le concours financier de la région qui investit ici massivement.
Je connais bien les désagréments engendrés par ces travaux, le blocage du pont de l'Ile-Saint-Denis en sens unique, les bouchons de la RN1, c'est une réalité mais nous travaillerons avec les services du Conseil Général pour toujours essayer d'en minimiser l'impact, nous poursuivrons en lien avec la RATP les réunions de concertations. Cette période est difficile mais le résultat sera à la hauteur de nos efforts.
Ce n'est pas directement du ressort du Conseil Général, mais je ne peux pas parler des transports sans évoquer la situation catastrophique de la ligne 13. Nos concitoyens sont transportés chaque jour dans des conditions indignes d'un pays développé. Cette situation est le résultat d'un sous investissement chronique de l'Etat depuis 20 ans. La région, en charge des transports depuis 3 ans seulement rappelons le, a posé un acte fort en annonçant la prolongation de la ligne 14 jusqu'à la Mairie de Saint Ouen. Mais ce n'est pas suffisant ! 7 ans c'est trop long pour ne pas envisager des solutions transitoires. J'ai déjà évoqué cette question à plusieurs reprises avec Jean-Paul Huchon, il a pris toute la mesure du problème. Dès le lendemain des élections régionales, j'interpellerai le nouvel élu en charge des transports et je suis convaincu que nous trouverons des solutions d'aménagements durant cette période transitoire.
Transports, éducation, emploi, aide sociale, logement chaque jour le département agit dans chacun de ces aspects de votre vie quotidienne. Fierté et responsabilité, c'est donc avec cet esprit que tous les jours nous luttons pour essayer en Seine-Saint-Denis, comme le disait François Mitterrand, "de changer la vie".
Mais, malgré mon optimisme naturel, je ne peux pas malheureusement m'en tenir à ce discours. Aujourd'hui l'action de l'Etat menace grandement notre collectivité. On vous a distribué un petit document que nous avons intitulé "Département menacé, Services publics en danger". Il n'est pas question ici, comme cela pouvait se faire dans le passé, de pousser des cris d'orfraies, de crier au loup, il est juste ici question de vous tenir un discours de vérité.
Nous sommes aujourd'hui dans une situation dramatique où les réformes successives du gouvernement, tant sur les transferts de compétences, que sur les réformes fiscales nous mettent face à des choix budgétaires impossible. On parle quand même ici de près de 500 millions d'euros que l'Etat doit à la Seine Saint Denis. Je ne prendrais que 2 exemples, d'abord le RMI et le RSA, et l'on sait que part ces temps de crise nos concitoyens les plus en difficulté ont plus que jamais besoin de ce filet de solidarité. Et bien ce qui relève de manière évidente de la solidarité nationale grève sévèrement tous les ans le budget du département.
Le deuxième exemple, encore plus frappant, c'est le transfert des routes nationales. Les usagers de la RN1 savent bien l'état déplorable dans lequel se trouvait cette route quand l'Etat l'a transférée au département... Savez-vous combien l'Etat donne chaque année à la Seine Saint Denis pour l'entretien et l'aménagement de cette route ? C'est un chiffre assez facile à retenir : 0 euros....
Et comme si cela ne suffisait pas, l'irresponsabilité continue avec la suppression récente de la Taxe Professionnelle. Pour notre département la Taxe Professionnelle c'est 343 millions d'Euros en 2009.
Alors bien sur le gouvernement veut vous faire croire que les élus des collectivités mentent, que cette taxe va être intégralement compensé par le budget de l'Etat, que cela ne va rien changer en 2010... J’aimerais pouvoir utiliser une expression populaire : « encore heureux ». Mais malheureusement, ces engagements sont faux, en 2010 la Seine-Saint-Denis va mécaniquement perdre une Quinzaine de millions d'euros sur la compensation. Bien sûr que sont15 millions dans un budget de 1, 5 milliards. Je peux vous dire que 15 millions d'euros c'est la moitié du prix du collège Jean Lurçat à Saint-Denis, c'est 3 ans d'aide d'hébergement d'urgence pour les mineurs isolés. Mais c'est surtout 1 millième des 15 milliards de cadeaux fiscaux faits aux 5OO familles les plus riches de France.
Je parlais d'irresponsabilité, quel gouvernement peut se prétendre responsable quand il supprime un impôt sans dire ce qui va le remplacer. On nous parle d'une contribution économique territoriale, très bien mais quelle assiette, quel taux, et plus simplement quel produit pour les finances du département ? Toutes ces questions, personnes aujourd'hui ne peut y répondre.
Il faut bien voir, et je m'adresse ici particulièrement aux représentants du monde économique, je disais, que dans notre pays les 3/4 de l'investissement public est réalisé par les collectivités locales. Que se passe-t-il dans une collectivité lorsqu’une incertitude majeure plane sur les recettes, il se passe la même chose que dans un ménage, elle repousse ses investissements jusqu'à avoir une meilleure vision pluriannuelle de ses moyens. A un moment où la France est encore en récession, où le chômage augmente, cette politique met donc en péril l'espoir d'une relance économique rapide…
« Irresponsable », je ne vois pas d'autre mot pour une telle politique.
Je vous ai dit que je vous tiendrai un discours de vérité complet, dans ce sens il faut bien reconnaître que nous payons également aujourd'hui la gestion passée de ce Conseil Général :
Emprunts toxiques, à hauteur de 97% de notre dette, faut-il encore le rappeler ; priorités mal définies pour ne pas dire gaspillages multiples ; et enfin recours excessif à l'augmentation des impôts.
Tous ces éléments brident notre capacité de réaction, pour ne pas dire aggravent notre situation et vont nous faire basculer dans une situation impossible, 2 à 3 ans plus tôt que dans les autres départements de France.
Alors mes chers amis, après ce constat, duquel je ne souhaite que retenir l'espoir du changement, je voudrais me concentrer sur l'année 2010 qui s'ouvre pour nos villes.
Une année 2010 Saint-Denis, Saint-Ouen et l'Ile-Saint-Denis qui s'annonce elle aussi très contrastée. Quand je m'interroge sur les défis à relever dans les mois à venir une préoccupation me vient immédiatement à l'esprit. C'est évidemment celle de l'insécurité croissante. J'en parle ici avec gravité car je suis extrêmement inquiet de voir se développer et se multiplier un certain nombre de comportements violents.
L'insécurité comme toujours elle touche en premier lieu les personnes les moins favorisées. L'insécurité, dans nos villes, contrairement à Neuilly, ce n'est pas qu'un sentiment. C'est les affrontements entre bandes avec armes à feu à Saint-Ouen, les incivilités nocturnes récurrentes à l'Ile-Saint-Denis, les problèmes liés à la toxicomanie dans le quartier de la gare de Saint-Denis ou les agressions et autres vols à la tire dans le centre ville de Saint-Denis. Et je ne parle même pas du développement dramatique des activités mafieuses dans nos quartiers.
Il y a urgence à agir ! Le premier responsable qu'il nous faut interpeller, c'est bien entendu l'Etat. Nicolas Sarkozy, grand défenseur du droit à la sécurité pour tous a manifestement développé une myopie caractérisé depuis son élection. Mais le sujet est grave, c'est de notre quotidien et de notre avenir qu'il s'agit, et je ne veux pas, nous ne voulons que nos villes deviennent des ghettos impossible à vivre dans lesquels on regarde derrière soit avant de sortir son téléphone ou encore plus grave dans lesquels on est obligé parfois de faire un choix cornéliens entre école privée et publique pour ses enfants.
Je crois dans en une République forte qui se donne les moyens de ne pas abandonner tout une partie de sa population.
Je ne veux pas me contenter d'être ici incantatoire. Il manque 400 policiers en Seine Saint Denis par rapport à 2002.
Que fait le gouvernement ? Par un coup de baguette magique il supprime les problèmes en créant "La police du Grand Paris". Dorénavant les directions de la sécurité des 3 départements de la petite couronne sont fusionnées avec celle de Paris afin de permettre et je cite ici notre ministre de l'intérieur Brice Hortefeux : « une plus grande mutualisation des moyens à l'échelle de la petite couronne ». Non vraiment il n'y a rien à dire, quand je pense à tous ces fonctionnaires de police qui étaient jusqu'alors retenu à l'insu du plein gré de notre président dans cet horrible ghetto de banlieue qu'est Neuilly, je me sens plus à l'aise depuis que je sais que dorénavant ils ont le droit de venir.
Ce dont nous avons besoin ce n'est pas d'une police d'intervention, version cow-boy, basée on ne sait où, mais belle et bien d'une police territorialisée qui connaît son secteur d'intervention et qui conçoit son engagement dans le temps long.
Une fois que le premier des responsables est pointé, n'y a-t-il pour autant rien à faire ? Faut il attendre que Nicolas sarkozy, Brice Hortefeux et autres Eric Besson se rendent comptent qu’ ils sont désolés d'avoir oublié la Seine-Saint¬-Denis pendant tant d'années. Je ne le crois pas, les acteurs locaux ont un rôle à jouer.
Le département y a pris sa part par exemple en investissant massivement en 2009 pour sécuriser les collèges. Des aménagements de sécurité ont ainsi été réalisés au collège Alfred Sisley, à l'Ile-Saint-Denis, avec la mise en place de caméra et d'une clôture végétalisée, au collège Iqbal Masih à la Plaine où un sas a été créé pour éviter les contacts directs entre l'intérieur et l'extérieur du collège, des grilles ont été posées aux fenêtres du rez-de-chaussée du collège Jean Jaurès à Saint-Ouen pour éviter les phénomènes d'intrusions et de dégradations connus en 2008.
Il ne s'agit ici que de quelques exemples et en 2010, nous continuerons cet effort, au collège Elsa Triolet où nous poserons des caméras de vidéo surveillance, au collège de la Courtille où nous réaménagerons les grilles et l'entrée. Avec Claude Bartolone, et ce malgré la situation financière extrêmement tendue du département, nous avons fait le choix de déconnecter ces questions de sécurisations des collèges des contingences budgétaires. C'est clairement notre priorité et nous entendons bien faire dans le court terme tout ce qui est possible pour rendre à nos établissements la sérénité à laquelle ils ont droit.
Le département agit donc, mais les autres collectivités ? Je crois qu'aujourd'hui il faut arrêter de regarder de voir les choses telles qu'on les voudrait pour appréhender la dure réalité. La situation a changé ces dernières années, le climat s'est dégradé, il renforce l'urgence à agir même au-delà des compétences strictes.
Il faut que nos mairies, et je le dit tout particulièrement ici à Saint-Denis, fassent plus. Avec beaucoup de pragmatisme, halte aux débats théologiques sur les caméras. Je n'en suis ni un défenseur, ni un pourfendeur. Mais quand dans le centre ville les vols avec violence se multiplient et que nos concitoyens ne vont même plus porter plainte à la police tellement ils pensent que c'est inutile, il faut agir.
S'attaquer aux trafiquants qui sévissent dans certains quartiers, je suis bien d'accord qu'une Mairie ne peut pas le faire, c'est le rôle de la Police Nationale mais lutter contre la petite délinquance dans le centre, contre l'alcoolisme et la toxicomanie sur la voie publique, contre les dangers publics en scooters dans les quartiers piétons, cela pourrait être du ressort d'une police municipale renforcée.
J'en suis convaincu, et surtout je me refuse au fatalisme qui consisterait à attendre la solution d'un gouvernement pour lequel nous ne sommes clairement pas une priorité.
Je veux dire cela, aujourd'hui sans démagogie, je ne veux surtout pas jeter la pierre à quiconque. La situation est très difficile et ne relève d'un simple coup de baguette magique. Vous le savez, je ne suis pas en situation de responsabilité à la Mairie de Saint-Denis, je ne veux donc surtout pas ici énoncer des "il n'y a qu'a", ce serait trop facile.
Je veux dire au Maire de nos 3 communes qu'ils trouveront toujours en leur conseiller général un partenaire pour agir, pour tenter de trouver des solutions. Parce qu'il ne faut pas nous tromper d'adversaire, je n'ai pas d'ennemis à gauche, que des partenaires. En Seine-Saint-Denis, nous avons historiquement une responsabilité particulière pour inventer la nouvelle union de la gauche de demain.
Toutes les forces politiques de progrès cohabitent dans notre département. En 2010, au lendemain de l'élection régionale, il s'agira bien d’inventer un nouveau modèle d'union qui nous permette d'incarner une alternative crédible à Sarkozy dès 2012.
Nos concitoyens qui subissent de plein fouet la politique de ce gouvernement ne peuvent plus attendre.
Vous l'aurez compris pour 2010, en politique c'est donc des vœux d'union et de rassemblement que je formule.
Mes chers amis, je pourrais continuer longtemps, il y a tant de dossier que je n'ai pas évoqué, mais j'ai déjà été trop long.
Une dernière fois je vous renouvelle donc mes meilleurs pour cette année à venir.







