Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Avant de répondre aux questions soulevées par mes collègues, je souhaitais m'adresser à vous avec une certaine gravité concernant les conséquences des orientations budgétaires en matière d'éducation.

Le mouvement social en faveur de l'éducation, auquel je souhaite avec cette intervention apporter tout mon soutien, est le reflet d'un malaise profond au sein de la communauté éducative.

Depuis le discours d'investiture de Claude Bartolone, l'éducation a été notre priorité et je pense pouvoir dire que ce choix était relativement consensuel.

Nous avions collectivement senti la nécessité, l'urgence à investir en faveur de la réussite de tous les jeunes de notre département. L'actualité de ces dernières semaines nous renvoie cruellement à cette nécessité.

Aujourd'hui ce choix est menacé ! Je ne reviendrai pas sur l'ensemble de nos politiques éducatives, vous l'avez fait Monsieur le Président, je souhaitais juste revenir sur la question centrale de la sécurité.

Vous pouvez le constater chaque jour dans les collèges de vos cantons. Le climat au sein de nos établissements se dégrade et les problèmes de sécurité se multiplient.

Qu'avons nous fait dans ce cadre ? Pour prendre en compte cette urgence nous avons signé un protocole de sécurisation des collèges le 15 septembre 2008 avec la Préfecture et l’Inspection Académique.

En deux ans le Conseil général a investi près de 3 millions d'euros uniquement sur les travaux de sécurisation et de prévention situationnelle.

 Cet engagement a apporté des résultats positifs, comme au collège Jean Moulin d’Aubervilliers, mais nous avons toujours dit que la prévention situationnelle n’était pas suffisante.

 Mais que fait l'Etat dans le cadre du protocole de sécurité ? Des diagnostics de sécurité ? Ils sont faits dans 80% des collèges depuis un an. Que fait l'Etat quand un incendie a lieu au collège Descartes de Tremblay ? Il envoie sa réponse magique : l'Equipe Mobile de Sécurité. On parle ici d'une quinzaine de personne pour tous les établissements du secondaire, collège et lycée, soit je le rappelle près de 200 établissements. Je ne veux pas ici remettre en cause le travail de cette équipe qui peut ponctuellement avoir une action positive. Mais que se passe-t-il deux jours plus tard, une jeune fille se fait tabasser alors que l'EMS est dans l’établissement.

La réponse uniquement sécuritaire n'est pas la solution. Nous voyons bien qu’elle a toujours un temps de retard. Et avant de se demander quelles réponses, il parait nécessaire de commencer par quelles politiques cesser ?

Le choix du gouvernement de baisser le nombre de personnels dans l’Education Nationale en fait partie. Pour exemple, en 2005, plus de 400 postes de CPE étaient ouverts au concours. En 2009, ce n’est plus que 250, soit une baisse de 40 % sur une catégorie de personnel qui a notamment en charge les questions de vie scolaire et la prévention du décrochage.

Ensuite, il est nécessaire d’investir dans l’éducation. Investir par exemple sur la question de l’orientation. Cela tombe bien c'est une compétence de l'Etat pour laquelle il y a unanimité des acteurs sur son rôle majeur. En Seine-Saint-Denis, c'est le budget du Département qui finance la moitié des CIO. Lorsque le président Bartolone écrit à l'ancien ministre Darcos, la réponse est simple : Oui le ministre reconnait que cela rentre dans le champ de ses compétences, oui le ministre reconnait l'utilité de ces outils, mais quand il s'agit de les prendre en charge financièrement, évidemment la réponse est un Non accompagné de menaces à peine voilées sur le fait que si le département arrêtait de les financer il aurait à en assumer la fermeture ! Le coût du financement des CIO représente 500 000 euros dans le budget départemental.

Investir, comme l'impulse le Conseil Général en faveur d'une réelle politique de lutte contre le décrochage scolaire, et notamment en faveur des exclus.

En premier à défaut de faire soi même, il faudrait déjà que l’Etat n’empêche pas les collectivités d'investir, collectivités dont je rappelle que depuis 1995 la part d'investissement dans les dépenses d'Education de la Nation est passée de 14 à 23%.

Nous voulons continuer à investir, à faire de la sécurité et la sérénité de nos établissements une priorité budgétaire, aujourd'hui ces actions sont menacées, exigeons ensemble de l’Etat qu’il prenne ses responsabilités.