
Nicolas Sarkozy était présent ce jour à la Préfecture de
Bobigny à l'occasion de la prise de fonction de M. Christian Lambert, nouveau
préfet de Seine-Saint-Denis et ancien « super flic ». La nomination
de M. Lambert et le déplacement de Sarkozy accompagné de Brice Hortefeux,
ministre de l’intérieur et du directeur de la police nationale, faisaient de ce
déplacement un moment fort de la communication du gouvernement.
Je ne préfère pas m’étendre sur la préfecture fermée au
public durant deux jours et dont l’accueil est déjà en temps normal indigne
d’un service public (notamment au service des étrangers) ou du déploiement
impressionnant des forces de police autour de la préfecture et qui font
cruellement défaut au quotidien dans nos quartiers. Non je préfère m’en tenir à
l’analyse critique de la communication présidentielle centrée sur les problèmes
de sécurité et d'éducation.
Communication, car l’organisation d’une grande messe
d’intronisation d’un nouveau préfet est très éloignée des préoccupations et des
attentes des habitants du département et particulièrement des plus fragiles qui
font les frais de l’échec en matière de sécurité de la politique de Nicolas
Sarkozy.
Communication, lorsque Sarkozy refuse de dresser le bilan
critique de l’action ou plutôt de l’inaction de la droite en matière de
sécurité depuis 2002 et qui est aussi son bilan en tant que ministre de
l’intérieur de 2002 à 2004 et de 2004 à 2007.
Face à une situation qui n’a cessé de se dégrader depuis
2002, les élus locaux le disent et le redisent la Seine-Saint-Denis a besoin
d’au moins 400 policiers que ce soit dans les domaines de l’action de
proximité, de l’investigation ou de l’intervention rapide.
Communication, car on ne peut pas vouloir réduire
durablement l’insécurité et faire un dogme du désengagement de l’Etat dans
l’éducation, la santé, la solidarité et plus généralement dans l’ensemble des
services publics.
Communication, lorsque Sarkozy sort du thème de la sécurité
et instrumentalise le problème du décrochage scolaire dont les deux solutions
miracles seraient : la suppression systématique des allocations familiales
aux parents d’élèves dont les enfants sont absents de manière injustifiée et la
concentration dans deux établissements du département des enfants décrocheurs.
Je suis particulièrement en colère lorsque j’entends un tel
discours provocateur, démagogique et populiste. Nous savons pertinemment que le
gouvernement n’assume pas ses responsabilités minimales en matière d’éducation
comme permettre aux élèves d’avoir un professeur en face d’eux. De plus comment
croire que la concentration de tous les enfants qui cumulent des difficultés
dans deux établissements serait une solution, c’est par une prise en charge
individualisée que nous réussirons à lutter contre le décrochage scolaire.
Si Sarkozy souhaite vraiment lutter contre le décrochage
scolaire, je l’invite avant tout à abandonner le fantasme éternel de séparer le
bon grain de l’ivraie. Et de soutenir enfin les dispositifs innovants mis en
place par le Département pour lutter contre le décrochage scolaire, appuyer la
parentalité ou développer la citoyenneté et la culture et que l’Etat refuse jusque
là de soutenir.
La seule politique éducative valable est celle qui assume la
responsabilité collective de construire l’école républicaine ayant pour
objectif la réussite de tous les jeunes.
Je n’ai qu’une chose à dire pour conclure : nous en avons
assez ! Nous en avons assez des fausses promesses ! Nous en avons
assez de devoir attendre des situations extrêmes comme aujourd’hui à Tremblay
ou il y a quelques mois à la gare de Saint-Denis pour avoir une intervention à
minima de la puissance publique. Nous en avons assez que la Seine-Saint-Denis
soit le centre de la communication de la droite une fois par an et l’éternelle
oubliée au quotidien.