Blog de Mathieu Hanotin

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Lutte contre les discriminations et citoyenneté

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jeudi 2 septembre

Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité, rassemblement citoyen samedi 4 sept à 14h place de la République




J'ai signé l'appel "Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternitélancé par 50 organisations dont le Parti Socialiste qui refusent les discours et les provocations au plus haut niveau de l'Etat qui affaiblissent un peu plus chaque jour les valeurs sur lesquelles notre République s'est bâtie.
Je me refuse notamment à laisser se banaliser des propos xénophobes faisant un lien entre l'immigration et l'insécurité, et cela pour des raisons électoralistes afin de détourner l'attention des citoyens de l'échec de la politique de Nicolas Sarkozy.

Samedi 4 septembre à Paris, 14h place de la République, à l’occasion du 140e anniversaire de la République, je serai présent et vous invite au grand rassemblement citoyen pour dire ensemble notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun.


Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité

Une avalanche de discours et d’annonces provocatrices s’est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, on entend des propos qui étaient jusqu’à présent l’apanage de l’extrême droite. Le président de la République, lui-même, montre du doigt des communautés et des groupes sociaux entiers, stigmatise les Roms, les Gens du voyage, les étrangers, les Français qui ne sont pas « de souche », les parents d’enfants délinquants, etc. Ce faisant, il ne lutte en rien contre la délinquance, qui est répréhensible pour tout individu sans distinction de nationalité ou d’origine : il met délibérément en cause les principes qui fondent l’égalité républicaine, alors que déjà une crise sociale et économique d’une extrême gravité menace la cohésion de la société tout entière.

En quelques jours, les plus hautes autorités de l’Etat sont passées de l’exploitation des préjugés contre les Gens du voyage au lien, désormais proclamé, entre immigration et délinquance, puis à la remise en cause de la nationalité française dans des termes inédits depuis 1945. Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche s’inscrit dans une logique de désintégration sociale porteuse de graves dangers.

Il ne s’agit plus du débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, mais bien d’une volonté de désigner comme a priori dangereuses des millions de personnes à raison de leur origine ou de leur situation sociale. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique n’a reçu mandat de violer les principes les plus élémentaires sur lesquels la République s’est construite.

Parce que le seuil ainsi franchi nous inquiète pour l’avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappelons avec force que l’article 1er de la Constitution « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et que toutes propositions qui méconnaîtraient cette règle fondatrice de la démocratie constituent une atteinte à la paix civile.

Nous n’accepterons sous aucun prétexte que le nécessaire respect de l’ordre public soit utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires.

Nous appelons donc l’ensemble des citoyens de ce pays à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de « guerre » qui menacent le vivre ensemble. A cet effet, nous proposerons dans les prochains jours à la signature en ligne un « Appel citoyen » refusant toute politique de la peur ou de la haine. Et nous appelons à un grand rassemblement citoyen à l’occasion du 140e anniversaire de la République, le samedi 4 septembre Place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, pour dire ensemble notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun.

Signataires : AC ! Agir ensemble contre le chômage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association républicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Confédération française démocratique du travail(CFDT), Confédération générale du travail (CGT), La Confédération Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emmaüs France, Europe Ecologie, Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Fédération SUD Education, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d’Asile, Gauche unitaire, Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Marches européennes, Médecins du Monde, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAIDH), Réseau Education Sans Frontière (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF),Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts.


samedi 19 juin

Remise des prix aux lauréats départementaux du concours national de la Résistance et de la Déportation




Vous trouverez ci-dessous le discours que j'ai prononcé lors de la remise des prix aux lauréats départementaux du concours national de la Résistance et de la Déportation.



Monsieur le Préfet,
Mesdames et messieurs les élus
Monsieur l’inspecteur d’académie,
Monsieur le président de l’Union départementale des associations d’anciens combattants,
Mesdemoiselles et messieurs les lycéens et collégiens de Seine-Saint-Denis,
Mesdames et messieurs les chefs d’établissement,
Mesdames et messieurs les parents d’élèves,

Je dois dire que c’est un honneur et un plaisir d’être ici aujourd’hui avec vous pour remettre avec Monsieur le Préfet et Monsieur l’inspecteur d’académie, les prix aux lauréats départementaux du concours national de la Résistance et de la déportation.

Comme vous le savez le thème retenu cette année a été : « L’appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle et son impact jusqu’en 1945 ».

Je vous rassure, je me garderais bien de vous faire un cours d’histoire sur la période et plus particulièrement sur l’appel du 18 juin. En effet, de nombreuses personnes ici présentes seraient sans aucun doute bien plus érudites que moi sur ce sujet, à commencer bien entendu par les collégiens et les lycéens présents qui ont participé à ce concours.

Néanmoins, il me semblait important de dire quelques mots sur le sens à donner à ce concours, et plus particulièrement sur le thème retenu cette année. Si la place de la 2nd guerre mondiale dans les programmes scolaires est encore très présente, elle apparait pour les nouvelles générations, comme un moment de plus en plus lointain.

Il y a une différence entre connaitre les événements de cette période et prendre conscience qu’ils ne sont pas déroulés dans un lointain passé, mais qu’au contraire que c’était hier. Et de nombreuses personnes en sont encore les témoins et les acteurs vivants de cette histoire, qui est notre histoire.

Ainsi, je trouve particulièrement nécessaire un tel concours et plus généralement toutes les initiatives visant à perpétuer la mémoire de la résistance et de la déportation.

Le Conseil général de Seine-Saint-Denis continue d’entretenir cette mémoire, par exemple, de nombreux collèges portent le nom de Résistants et nous avons eu l’honneur de baptiser le dernier collège que nous avons construit à Livry Gargan, du nom de Lucie Aubrac.

Nous venons de commémorer le  70ème anniversaire de l’appel du 18 juin du Général de Gaulle, qui a été naturellement choisi comme thème du concours de cette année.

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dimanche 23 mai

Esclavage et traite négrière: le nécessaire devoir de mémoire


Le Comité Marche pour le 23 mai 1998 (CM98) organisait ce jour à Saint-Denis, la 12ème commémoration en mémoire des victimes de l'esclavage colonial. Le Conseil général de Seine-Saint-Denis soutien cette manifestation qui au-delà  de la nécessaire mémoire aux victimes de l'esclavage est également un moment de lutte contre le racisme.


La journée s'est achevée par une fête de la fraternité lanmèkannfènèg (lanmé l'océan, kan canne à sucre, fè les fers des chaînes, nèg nègres) au cours de laquelle je suis intervenu au nom du Département. Vous trouverez ci-dessous mon intervention:

Mesdames et messieurs, commémorer c’est refuser d’oublier.

Dans notre histoire commune, l’esclavage est une tragédie humaine, une blessure, un crime contre nous-même. Parce qu’il fut à l’échelle d’un continent entier et pendant des siècles, le fruit de la négation de l’Homme par l’Homme, la réduction de l’Homme à l’état d’animal.

Comment oublier la déportation et l’asservissement de millions d’hommes et de femmes? Comment taire leur entassement dans des cales, leur exploitation jusqu’à la mort? Comment nier qu’ils ont été troqués comme des animaux?

Nous avons un devoir de mémoire collective qu’il nous appartient de cultiver tant pour condamner les crimes perpétrés que pour saluer la victoire des résistants. Parce qu’avant tout, l’histoire de l’esclavage, c’est l’histoire d’une résistance, d’un crime contre l’humanité qui a été vaincu. Cette résistance de l’esclave a marqué de manière indélébile notre histoire puisque ces Hommes « fracassés » se sont battus pour créer une nouvelle société fondée sur la liberté et l’égalité.

Voilà pourquoi, cette journée de commémoration est riche d’enseignements.

Nous retrouver ensemble aujourd’hui, c’est aussi rendre hommage aux victimes de ce passé ignoble qui par leur courage ont permis à d’autres de mener ce combat. Nous avons tous en mémoire des exemples de personnages qui ont marqué l’Histoire : Je pense à Delgrès en Guadeloupe ou à Toussaint Louverture à Saint-Domingue, sans oublier Victor Schoelcher. Tous,  en abolitionnistes acharnés, ont permis que les Droits de l’Homme si chers à la République soient appliqués à tous les Hommes dans tous ses territoires.

Nous retrouver ensemble aujourd’hui, c’est rendre à nos ancêtres, vos parents meurtris par la violence et la crainte, leur statut d’Homme.

C’est en cela, que cette journée est importante, elle nous permet de nourrir cette mémoire notamment -comme nous avons pu l’entendre ce soir- à travers cette culture antillaise qui est devenue une « arme miraculeuse » de justice et de dignité pour reprendre les propos d’Aimé Césaire.

Je suis fier que dans notre pays, la République ait été l’outil de l’abolition. Une première fois en 1794 mais annulée en 1802 par Napoléon, puis définitivement par la 2nde République le 27 avril 1848 grâce notamment à l’action de Victor Schoelcher

C’est dans cet esprit qu’en 2001 et par l’engagement de Christiane Taubira que la France inscrit dans la loi, la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Commémorer c’est lutter contre le racisme.

Le travail de mémoire est crucial pour notre pays, car ne nous y trompons pas, aujourd’hui encore, cette tragédie a des échos. L’esclavage a nourri durablement le racisme et a donné corps aux thèses les plus infâmes pour justifier de tels actes inhumains.

Ce sont ces actes non assumés qui nourrissent et qui encouragent la discrimination envers nos jeunes ultra-marins ou issus de l’immigration. Cela est inacceptable.

A l’heure où les discriminations et le racisme minent la France et nient notre identité, le combat pour défendre les valeurs républicaines est plus que jamais d’actualité. C’est notre rôle à tous, et plus particulièrement à nous en tant qu’élus et responsables politiques, de mener ce combat.

C’est ainsi que je dénonce avec la plus grande fermeté les derniers débats sur l’identité nationale qui ont offert, sous couvert de dérapages verbaux, une tribune aux pires propos racistes et xénophobe.

Je n’oublie pas non plus le tristement célèbre discours de Dakar et la liste est malheureusement loin d’être exhaustive.

De telles actions ne font qu’attiser la haine et ne font qu’accroitre le sentiment d’exclusion d’une partie de nos compatriotes.

Cela m’est insupportable !

Je regrette que le chef de l’Etat, M. Nicolas Sarkozy se refuse à comprendre que la diversité est source d’enrichissement et de dynamisme pour notre l’identité.

Commémorer c’est donc bel et bien le premier levier pour lutter contre le racisme. Mais commémorer, c’est aussi enseigner.

Je suis un fervent défenseur de l’enseignement de l’Histoire à l’Ecole. Je dois d’ailleurs vous faire part de mon inquiétude quand à la place de plus en plus faible qui lui est faite dans les nouveaux programmes scolaires.

Lorsque je vous parle d’Histoire, je pense bien entendu à celle écrite par les historiens, et non pas de celle du projet de loi du 23 Février 2005, qui préconisait d’enseigner la colonisation dans ses aspects positifs… Je ne reviendrai pas sur cette idée aussi absurde qu’irresponsable.

Si la colonisation et les indépendances sont enseignées, je regrette que l’histoire de la traite et de l’esclavage fasse figure de parent pauvre en métropole.

Bien souvent l’évocation de cette période de notre histoire ne repose que sur la bonne volonté des enseignants. Pourtant des outils simples pourraient faciliter la diffusion de cette histoire telle que la réalisation d’un kit pédagogique par l’Education Nationale qui pourrait être distribué aux enseignants.

Je suis persuadé qu’il est primordial d’effectuer ce travail auprès des jeunes de notre pays, afin de garantir notre cohésion sociale et défendre nos valeurs républicaines. La littérature, le droit ou la philosophie pourraient faciliter l’échange sur des sujets encore trop douloureux à aborder. Par ailleurs, il nous faudrait des outils innovants tels que des films à projeter dans les salles de cours.

Je me permets un aparté, pour évoquer la polémique dont est victime le cinéaste Rachid Bouchareb. Après le film « Indigènes », c’est au tour du film « Hors-la-loi » de subir les attaques inacceptables. Je ne peux que m’indigner des pressions exercées pour que ce film ne soit pas présenté au festival de Cannes, ni même diffusé sur les chaînes de France Télévisions.

Elles ne font que prouver ce profond malaise français à regarder son histoire les yeux dans les yeux. Cette levée de bouclier nous rappelle ô combien il est important de travailler avec nos enfants, afin qu’enfin notre pays se construise autour des valeurs de notre République et tourne les lourdes pages du passé.

Voilà pourquoi mes chers amis, en ma qualité de Vice-Président du Conseil général en charge de l’éducation, de la citoyenneté et de la lutte contre les discriminations et en accord avec Claude Bartolone, je vous incite à pousser les portes de nos collèges afin d’accompagner les enseignants qui le désirent pour effectuer un travail de réflexion autour de ces thèmes.

Mesdames et Messieurs, la grandeur d’un peuple se mesure à sa capacité d’assumer son histoire. Sachez que nous sommes près de vous, pour que notre pays, nos concitoyens ne se taisent plus et que cette loi du silence soit brisée au profit d’une République lucide, vigilante et solidaire.

Je vous remercie.


lundi 19 octobre

Succès de la mobilisation pour les droits des femmes



J’étais présent ce samedi à Paris à la manifestation nationale pour les droits des femmes afin de soutenir les revendications du mouvement féministe. Il me semblait nécessaire d’être présent à cette manifestation dans un contexte de crise économique et social dont les femmes sont les premières victimes, à un moment où les acquis du mouvement féministe sont remis en cause par l’affaiblissement des services publics comme la santé et dans un pays où les violences envers les femmes perdurent.

Faut-il rappeler rappeler que les femmes représentent 80% des travailleurs pauvres et qu’elles occupent 85% des emplois à temps partiels, qu’une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint et qu’une femme est violée toutes les dix minutes.

Ainsi, j’ai souhaité apporter un soutien sans réserve aux six thématiques de cette manifestation : la Liberté de disposer de son corps au travers notamment d’un véritable accès à l'avortement et la contraception ; l’Autonomie financière au travers de vrais emplois, de vrais statuts, des salaires décents et du temps pour vivre ; la Dignité avec le vote et l'application de la loi-cadre contre les violences faites aux femmes et avec la reconnaissance des droits des lesbienne ; l’Égalité dans la vie politique, économique et sociale ; la Laïcité avec aucune ingérence des intégrismes religieux dans nos vies ou contre nos droits ; la Solidarité dans la lutte pour les droits des femmes du monde entier et l'égalité pour les femmes étrangères en France.

Les 15000 personnes qui ont défilé dans les rues de Paris ce samedi ont fait de cette manifestation un succès, ceux-ci pèseront face au laisser-faire et aux orientations du gouvernement qui mettent à mal les droit des femmes : affaiblissement des services publics notamment dans le domaine de la santé, la précarisation des travailleurs dont les premières victimes sont les femmes ou la remise en cause du droit à l’avortement.

Le Conseil général de la Seine-Saint-Denis a prouvé qu’il était possible d’agir pour les droits des femmes. En ce sens, nous avons créé l’Observatoire des violences envers les femmes, mis en place des mesures concrètes pour la lutte contre les mariages forcés et faisons de l’égalité entre les hommes et les femmes une priorité.

Pour en savoir plus:
Observatoire des violences envers les femmes
Osez le féminisme

lundi 30 juin

"Des parrains pour aider les étudiants sans papiers" article du Parisien

article du parisien mathieu rusf