Blog de Mathieu Hanotin

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mercredi 16 juin

Communiqué de presse - Suppression des allocations familiales : «Le gouvernement continue sa chasse aux pauvres»


Vous trouverez ci-dessous ma réaction, transmise aux médias, à l'occasion de l'examen ce jour à l'Assemblée Nationale de la proposition de loi de l'UMP sur la suspension automatique  des allocations familiales en cas d'absentéisme prolongé.


C’est aujourd’hui que les députés examinent la proposition de loi du Député UMP Eric Ciotti, qui prévoit une suspension systématique des allocations familiales en cas d'absentéisme prolongé.

« L’absentéisme est un fléau » a répété le Président Sarkozy à plusieurs reprises. Et il entend agir vite, sans même entendre ni les conclusions des Etats généraux de la sécurité à l’école, ni même les voix qui, depuis cette annonce, se sont élevées contre cette mesure jugée injuste et inefficace.

Les Etats généraux ont clairement mis en avant la question de l’encadrement des jeunes dans l’enceinte de l’Ecole, la nécessité de former et accompagner les jeunes enseignants, prévenir le décrochage scolaire et veiller à une plus grande stabilité des équipes.

Les annonces du gouvernement en matière d’éducation vont dans un sens complètement opposé
: suppression des allocations familiales pour les parents d’élèves absentéistes, suppression de 16 000 postes à la rentrée, augmentation du nombre d’élèves par classe, diminution de la scolarisation des enfants de deux ans en maternelle, suppression des RASED, absence de remplacement des enseignants…
D’un côté, le gouvernement annonce une volonté de lutter contre l’absentéisme, de l’autre, il amplifie la destruction de l’Ecole de la République.

Les études sur le décrochage scolaire montrent que la suspension des prestations familiales ne fait que renforcer le sentiment d'exclusion sociale, de relégation et s'accompagne souvent d'un manque de communication avec les autorités à l'origine de la sanction, n'a pas d'efficacité. La suspension ne ramène pas les jeunes vers l'école.

L’absentéisme a des causes nombreuses, parfois parfaitement légitimes comme la volonté d'échapper au racket, la nécessité de travailler, une situation familiale difficile, une orientation désastreuse.

Un point fait consensus parmi les différentes études : l’absentéisme ne peut être imputé à la seule responsabilité familiale. Punir les parents ne règle pas le problème. Pire, sur un territoire comme la Seine-Saint-Denis, cela ne fera qu’aggraver des situations sociales d’ores et déjà dramatiques.

Encore une fois, à travers une loi votée en urgence, le gouvernement fait le choix de continuer sa chasse aux pauvres dont les premières victimes seront les habitants de Seine-Saint-Denis.

Le véritable fondement de cette proposition de loi est double :
-    brosser dans le sens du poil un électorat friand de tolérance zéro et autres réponses sécuritaires et punitives,
-    exonérer l’Etat de sa responsabilité collective de la réussite de tous au profit d’une stricte responsabilité sur le thème « quand on veut, on peut ».

Ce n’est pas ma conception du système éducatif. Plus que jamais, il nous faut nous battre pour que l’Ecole de la République retrouve ce rôle d’ascenseur social pour tous.

jeudi 6 mai

"Education: certains chefs d'établissement pourront recruter leurs enseignants", paru sur Mediapart


Vous trouverez ci-dessous un article du journal en ligne Mediapart dans lequel je suis cité et qui traite des annonces de Sarkozy dans le domaine de l'éducation.



Devant quelque trois cents recteurs, inspecteurs d'académie, procureurs généraux et préfets réunis mercredi à l'Elysée, le chef de l'Etat a enfoncé le clou sur la violence et l'absentéisme scolaire. Des mesures pour «rétablir l'ordre et réhabiliter l'autorité» qui ne font que rabâcher les propos de son précédent discours du 20 avril à Bobigny: suspension des allocations familiales en cas d'absentéisme, présence de policiers référents dans les établissements les plus durs et création d'internats «de réinsertion» rassemblant les élèves pertubateurs.

Mais l'intervention contient également un changement majeur, qualifié par un Nicolas Sarkozy à la mine réjouie de «petite révolution dans l'éducation nationale»: la possibilité pour certains chefs d'établissement de recruter eux-mêmes leurs enseignants.

Des établissements plus autonomes

Dès la rentrée 2010, «dans une centaine d'établissements particulièrement exposés à la violence», a annoncé le chef de l'Etat, «le chef d'établissement aura le droit de procéder lui-même au recrutement des professeurs sélectionnés sur profil, sur la base du volontariat». Luc Chatel avait déjà préparé le terrain en annonçant, le 8 avril, la création d'une centaine de «collèges et lycées pour l'ambition, l'innovation et la réussite», dits «Clair», dotés d'une plus grande autonomie pour mener leur projet pédagogique et choisir leur équipe. Mais il n'était à l'époque question que du choix par le chef d'établissement de son adjoint voire de son conseiller principal d'éducation. Objectif affiché: stabiliser les équipes éducatives pour éviter le taux de rotation très important des enseignants dans les établissements les plus difficiles où sont de surcroît souvent affectés les enseignants les plus jeunes et les moins expérimentés.

Derrière la lutte contre la violence, c'est surtout l'aboutissement logique de réformes qui redessinent le paysage éducatif depuis quelques années. De la création des projets d'établissements en 2005, à la récente réforme du lycée qui laisse à l'établissement le soin d'organiser un tiers du temps de classes des élèves (au lieu de le fixer au niveau national), en passant par le renforcement du conseil pédagogique, la logique est celle d'une autonomie des collèges et lycées, à travers un chef d'établissement plus puissant, et d'une diversification de l'offre éducative.

L'assouplissement de la carte scolaire instauré en 2007 par Nicolas Sarkozy pour donner le «libre choix» aux familles complète le tableau, au risque de placer les établissements en concurrence. «C'est une logique inégalitaire qui se met en place, un discours assimilant l'école à l'entreprise», a réagi mercredi sur le site du Monde, Frédérique Rollet, secrétaire national du SNES-FSU. Seuls une centaine d'établissements devraient échapper au «mouvement» – le processus d'affectation des enseignants –. Mais le président de la République envisage de l'étendre dès 2011 en cas de réussite.

Des internats pour les plus durs

Pour le reste, Nicolas Sarkozy a précisé le fonctionnement des nouvelles structures annoncées le 20 avril pour recadrer les élèves «qui rendent la vie impossible à leur établissement». Ces internats «de réinsertion scolaire» accueilleront entre 20 et 30 jeunes de 13 à 16 ans pendant un an, avec «une pédagogie qui mettra l'accent sur l'apprentissage de la règle, le respect de l'autorité et le goût de la règle». Condition de recrutement: avoir été exclu au moins une fois par un conseil de discipline. Une dizaine d'internats devraient ouvrir à la rentrée 2010 (dont deux en Seine-Saint-Denis).

Avec un petit problème d'échelle selon Mathieu Hanotin, vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis, en charge des questions d'éducation. «En Seine-Saint-Denis entre 800 et 1000 élèves sont exclus par an, dit-il. Suite à cette exclusion, 30 à 40% d'entre eux décrochent et rentrent dans une logique de polyexclusion. Alors vendre une réponse qui ne va concerner que 300 élèves au niveau national, ce n'est pas à la hauteur de la problématique du décrochage.»

Sans compter le risque, selon lui, de créer des «bombes dans les établissements» en rassemblant tous les jeunes «à problèmes» dans ces internats au lieu de rechercher des solutions individualisées dans le cadre des classes-relais déjà existantes. «On bascule dans une logique de responsabilité individuelle totale, relève Mathieu Hanotin. Il y a ceux qui veulent réussir et ceux qui ne veulent pas, et qu'on va sortir de l'établissement pour ne pas perturber les autres. Mais, face à un phénomène aussi massif que le décrochage scolaire, la vraie question serait de s'interroger aussi sur la responsabilité de la société.

Des policiers référents dans 53 établissements

Reçus mardi par Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, et Luc Chatel, ministre de l'éducation, 53 chefs d'établissements parmi «les plus exposés aux phénomènes d'intrusions et de violences aux abords» se sont vu «proposer» la création d'un bureau destiné à un gendarme ou policier référent «qui tiendra des permanences plusieurs fois par semaine au sein même de l'établissement». A charge pour eux de se justifier par écrit s'ils refusent cette «proposition», a prévenu Nicolas Sarkozy mercredi. Ce dispositif a été généralisé dans les collèges des Hauts-de-Seine où Nicolas Sarkozy, alors président du conseil général, l'avait testé dès 2006.

«Totalement à côté de la plaque», juge, quatre ans plus tard, Marianne Auxenfans, du syndicat enseignant Snes des Hauts-de-Seine, qui estime que «balancer un policier en uniforme dans une cour de récréation crée plus de problèmes que cela n'en règle». D'ailleurs, selon elle, le dispositif a été «vidé de ses aspects les plus gesticulatoires» dans les Hauts-de-Seine, la plupart des policiers référents n'ayant pas de bureau dans les établissements.

Au final, il s'agit donc d'une simple amélioration des relations avec le policier référent. «Chaque collège sait à quel policier il faut téléphoner au commissariat s'il y a un souci, mais ça nous fait une belle jambe d'avoir des facilités pour porter plainte si on n'a pas su éviter les bousculades et les bagarres avant, regrette-t-elle. Dans certains établissements par exemple, on supprime des postes de conseiller principal d'éducation qui sont très importants dans la lutte contre l'absentéisme. Alors à force de priver les établissements d'une politique de déminage du conflit, de dépistage des gamins qui ne vont pas bien, on rend la politique d'éducation moins cohérente et, quand il y a un problème, il ne reste plus qu'à appeler les pompiers...»

Suspension des allocations familiales

Le chef de l'Etat a confirmé que la proposition du député UMP Eric Ciotti, qui prévoit l'automaticité de la suspension des allocations familiales en cas d'absence injustifiée d'un élève, sera votée «avant la fin de l'été». Après avertissement à la famille, en cas de «récidive», l'inspecteur d'académie aura donc «l'obligation de saisir le directeur de la CAF, qui a lui-même compétence liée pour suspendre immédiatement le versement».

Cette décision contredit les travaux des membres du conseil scientifique des états généraux de la sécurité à l'école. Dans un rapport de recherche sur le décrochage de 2003, Catherine Blaya, professeure à l'université de Dijon, concluait que la suspension des prestations familiales, outre qu'elle «ne fait que renforcer le sentiment d'exclusion sociale, de relégation» et s'accompagne souvent d'un «manque de communication avec les autorités à l'origine de la sanction», n'avait pas d'efficacité. La suspension «ne ramène guère les jeunes vers l'école», écrivait-elle.

Les annonces du chef de l'Etat sont d'ailleurs en complet décalage avec les conclusions des états généraux de la sécurité à l'école des 7 et 8 avril. «C'est assez hallucinant car tout le discours tolérance zéro, va-t-en-guerre, vidéosurveillance, a été disqualifié par nos collègues universitaires venant de l'étranger lors des états généraux de la sécurité à l'école, raconte Françoise Lorcerie, directrice de recherches au CNRS, elle aussi membre du conseil scientifique. Ces mots d'ordre ont déjà été mis en œuvre aux Etats-Unis par exemple et ont montré la preuve de leur insuffisance voire de leur nocivité.» 

Seul crédit au discours scientifique, Nicolas Sarkozy a mentionné la généralisation de la «mallette des parents», une expérimentation visant à rapprocher les parents de l'école, qui avait fait ses preuves dans l'académie de Créteil sous la férule de Martin Hirsch, ancien haut-commissaire à la jeunesse. 

Louise Fessard

Site du journal Mediapart


mercredi 14 avril

Le Conseil général vote le budget du département pour 2010, "Rendez-nous nos 75 millions", article paru dans le JSD






En adoptant un budget déficitaire, ce que la loi interdit, les conseillers généraux de gauche entendent alerter sur la situation financière difficile, due aux 640 millions d’euros que l’État doit depuis 2004.


« Le renoncement ne fait pas partie de notre vocabulaire. Nous ne serons pas les liquidateurs du service public… » Depuis son fauteuil de président du conseil général de Seine-Saint-Denis, le socialiste Claude Bartolone a pris, jeudi 8 avril, des accents rugueux pour dénoncer « une stratégie de mise à mort des collectivités locales ». La plupart des élus du groupe communiste et citoyen arborent en plus un tee-shirt sur lequel on peut lire : « Sarko étrangle la Seine-Saint-Denis » avec dans le dos la suite du message « et la gauche elle fait quoi ? ». Dans ce décor, la journée consacrée au vote du budget départemental a tenu ses promesses.

Pour la (presque) première fois, le budget adopté par les élus départementaux est en déséquilibre. C’est-à-dire qu’il prévoit 75 millions de dépenses de plus que les recettes. Ce que la loi interdit clairement. Un précédent épisode, en 2005, sous la présidence communiste et avec l’abstention des élus PS, avait vu le conseil voter alors un budget prévoyant une recette (non assurée) de 25 millions d’euros représentant ce que devait alors l’État pour payer la facture du RMI dans le département (un peu plus de 22 millions avaient été par la suite accordés).

Aujourd’hui, l’État doit un total cumulé « de 640 millions depuis 2004 », dit le président Bartolone, « il choisit de rompre avec la solidarité nationale. Les 75 millions n’en sont qu’une partie ».
Du côté de la droite (10 UMP-NC), on ne partage pas cette analyse, Ludovic Toro, le président du groupe préférant réclamer « la démission », tandis que Jacques Chaussat évoque « la posture d’un syndic de faillite » du président. La solidarité gouvernementale s’exprime comme elle peut. Conséquence logique, leur vote est négatif.

Celui des (17) socialistes est positif. Les (13) élus communistes, eux, finissent par choisir l’abstention, après avoir rappelé leur paternité de cette proposition de budget en déséquilibre. Mais ils regrettent que les 75 millions « ne soient pas fléchés », c’est-à-dire affectés point par point à des dépenses précises. Néanmoins, les quelques interruptions de séance ont débouché sur plusieurs accords, et en fin de journée, il apparaît que les subventions au Salon du livre de jeunesse de Montreuil seront reconduites, ce qui était incertain. Quant aux centres d’information et d’orientation (CIO), ils seront encore subventionnés cette année.

Néanmoins, les finances des collectivités sont de plus en plus serrées. La fiscalité a ses limites, et les 6% d’augmentation décidés par le conseil général cette année, qui s’ajoutent aux 7% de l’an dernier, ne suffisent pas. Conséquence parmi d’autres, les aides au mouvement sportif en prennent un coup. Les équipes qui évoluent au niveau national risquent pour la plupart de voir leurs aides départementales revues à la baisse.

« Nous avons voté un budget de révolte », ont dit les conseillers de gauche. Ajoutant : « Nous avons deux mois pour lancer une vaste mobilisation populaire afin d’obtenir le remboursement de ce l’État nous doit. » Avant tout risque de décision gouvernementale de mise du département sous tutelle préfectorale. Ce que le président Bartolone « ne croit pas un seul instant ».

Compte rendu : Gérald Rossi

Mathieu Hanotin (groups PS et alternative citoyenne)
« Il faut de la cohérence »

« Nous avons décidé de voter un budget non pas en déséquilibre, mais un budget que certains peuvent dire insincère. Il prend en compte 75 millions de recettes provenant de l’État, qui ne sont pas programmées par lui mais qui nous sont dues. C’est clairement une alerte. » Mathieu Hanotin précise qu’il « faut de la cohérence. Ce n’est pas sur le social que l’on doit faire des économies, alors que le refus de l’État de remplir ses obligations nous conduit à des choix cornéliens. Accepter cette situation nous conduirait à ne plus pouvoir financer certaines actions ». « Aujourd’hui, la loi nous impose par exemple de gérer l’aide sociale, notamment le RSA, c’est une question de solidarité nationale, mais le financement d’État n’étant pas au niveau des besoins, ce sont les impôts des Séquano-dionysiens qui y contribuent, et c’est injuste. »


A retrouver également sur le site du Journal de Saint-Denis et en page 3 du n°827

mercredi 24 mars

Article paru dans l'Humanité : L'Orientation menacée dans le 93








L’orientation menacée dans le 93


Étranglé par les transferts de charges de l’État, le conseil général pourrait se désengager des neuf CIO dont il assure la gestion.

Ce n’est pas encore officiel. Mais le risque est bien réel. Le conseil général de Seine-Saint-Denis envisage de se désengager du financement des neuf centres d’information et d’orientation (CIO) dont il assure la gestion. « C’est en tout cas ce qui ressort des discussions que nous avons eu la semaine dernière avec les représentants du département et du rectorat », explique Christine Jarrige, conseillère d’orientation psychologue (Copsy) et membre du Snes-FSU. Une décision qui ne serait pas prise de gaieté de cœur par le conseil général. « On ne veut pas se désengager mais on est étranglé financièrement par l’État et ses transferts de charges, assure Mathieu Hanotin, vice-président (PS) chargé des questions d’éducation. Résultat : nous sommes obligés de faire des choix drastiques parmi toutes les compétences non obligatoires. Il y a des menaces sur les CIO, mais aussi sur nos financements aux universités, aux crèches départementales ou encore à la culture et au sport. Nous payons tous les défaillances de l’État. » Sur l’année 2008-2009, les neuf CIO, dont le coût de fonctionnement avoisine les 500 000 euros, ont effectué près de 70 000 entretiens et bilans psychologiques auxquels s’ajoutent plus de 6 000 interventions dans les établissements scolaires. « La soixantaine de Copsy fait un travail indispensable avec les jeunes et les adolescents, souligne Christine Jarrige. Ils contribuent à la réussite scolaire mais aussi à la prévention. J’entends les arguments du conseil général, mais il faut aussi que les élus aient une position affirmée de soutien au service public d’éducation et d’orientation. » Jeudi prochain, Christine Jarrige ira manifester avec ses collègues de l’académie de Créteil contre les réformes Chatel. Mathieu Hanotin assure qu’il y sera aussi.

Laurent Mouloud

paru le 17 mars 2010, journal L'Humanité

vendredi 19 mars

Article du JSD: Débuts des travaux cet été au collège Jean-Lurçat , les préfabriqués enfin abandonnés en 2012

























Réaction sur les résultats du 1er tour des élections parue dans le Journal de Saint-Denis






mercredi 10 mars

Article du JSD sur la venue de Claude Bartolone à Saint-Denis pour la campagne des régionales

A retrouvez dans le Journal de Saint-Denis N°822 du 10 mars

le Journal de Saint-Denis en ligne

lundi 22 février

Il est urgent de réfléchir aux véritables causes de la violence scolaire


Vous trouverez ci-dessous la tribune sur la violence scolaire et les remèdes à y apporter, parue sur lemonde.fr aujourd'hui et que j'ai signée avec Bruno Julliard, secrétaire national du PS à l'éducation.




A la veille de chaque échéance électorale, la droite fait mine de découvrir le problème de la violence scolaire et de l'insécurité. Surfant sur l'émotion suscitée par des faits graves, le gouvernement avance tête baissée sans se soucier ni de la réalité du terrain, ni de l'efficacité des réponses. La violence scolaire, loin de faire l'objet d'une analyse sérieuse et d'une politique ambitieuse, est devenue un hochet agité au gré des événements et de ses besoins électoraux. Pire, sous couvert de répondre à des faits concrets, il développe une idéologie qui fait de la répression le seul levier d'action de la puissance publique.

Après l'irruption d'une vingtaine de jeunes armées de barres de fer dans un lycée de Gagny, après l'agression d'une enseignante d'un collège près de Toulouse au couteau par un élève de 13 ans, s'en est suivi un déferlement d'annonces plus spectaculaires les unes que les autres : installation de portiques de sécurité devant les établissements scolaires, vidéosurveillance, habilitation donnée aux personnels d'éducation pour fouiller les cartables, proposition de loi antibandes… Constatons le fossé entre ces annonces et leur réalisation : à l'épreuve de la réalité, disparus les portiques de sécurité et la fouille des élèves. Tout juste la création d'"équipes mobiles de sécurité" qui tenteront d'apaiser les tensions jusqu'au prochain incident et le développement des diagnostics de sécurité dans les collèges pour envisager des travaux de sécurisation laissés à la réalisation et au financement… des collectivités !

Le vrai bilan de la droite en matière d'éducation ne se lit qu'en négatif : suppression massive d'enseignants et de personnels de surveillance dans le second degré, ghettoïsation des établissements les plus sensibles avec la suppression de la carte scolaire.

Le mouvement de grève dans les collèges et lycées de la Seine-Saint-Denis témoigne de l'exaspération de plus en plus d'enseignants et de personnels éducatifs devant leurs difficultés à remplir leur mission dans les conditions actuelles et l'absence de toute politique efficace. Il est urgent de réfléchir aux véritables causes de la violence scolaire : notre modèle éducatif est à bout de souffle, il produit de l'exclusion et il reproduit les inégalités sociales. Majoritairement de répétition et concentrée dans 10 % des établissements, la violence ne pourra être combattue que par une politique qui s'attaque à ses racines : le décrochage scolaire et la relégation dont sont victimes les jeunes des classes populaires.

Une politique qui vise à lutter contre la violence dans les établissements scolaires doit s'attacher à offrir un environnement de qualité, où des adultes qualifiés (enseignants, CPE, surveillants, conseillers d'orientation psychologiques, éducateurs spécialisés, assistantes sociales, infirmières…), sont disponibles pour assurer un suivi attentif des élèves les plus en difficulté et pour prévenir les comportements violents. La prise en charge individuelle des jeunes en difficulté est donc une priorité. C'est l'ensemble de la communauté éducative qui doit se mobiliser autour des faits de violence et autour des jeunes concernés. De manière plus collective, des mesures de prévention, pas seulement en réaction à un fait mais en amont, doivent être mises en avant : sensibilisation dans les classes, qualité de la relation pédagogique entre les enseignants et les élèves…

L'inflation des annonces sans aucune portée sur le terrain doit cesser. A force de gesticulations, les professionnels concernés ne vont plus croire en la capacité des responsables politiques de changer le cours des choses. Or, restaurer un environnement de qualité dans les établissements est essentiel pour que le système éducatif et l'ascenseur social qui va avec ne se fissurent définitivement.


Bruno Julliard est secrétaire national à l'éducation au Parti socialiste.

Mathieu Hanotin est conseiller général de Seine-Saint-Denis, vice-président chargé de l'éducation


A retrouver également sur lemonde.fr



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