Blog de Mathieu Hanotin

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samedi 19 juin

Pétition pour soutenir le budget de révolte du Conseil général




Le Conseil Général de la Seine-Saint-Denis a voté un « budget de révolte » le jeudi 8 avril. Il s’agit de faire prendre conscience à l’Etat qu’il doit tenir ses engagements vis-à-vis des habitantes et des habitants de la Seine-Saint-Denis.

Pour soutenir notre budget de révolte

Signez et faites signer la pétition

Remise des prix aux lauréats départementaux du concours national de la Résistance et de la Déportation




Vous trouverez ci-dessous le discours que j'ai prononcé lors de la remise des prix aux lauréats départementaux du concours national de la Résistance et de la Déportation.



Monsieur le Préfet,
Mesdames et messieurs les élus
Monsieur l’inspecteur d’académie,
Monsieur le président de l’Union départementale des associations d’anciens combattants,
Mesdemoiselles et messieurs les lycéens et collégiens de Seine-Saint-Denis,
Mesdames et messieurs les chefs d’établissement,
Mesdames et messieurs les parents d’élèves,

Je dois dire que c’est un honneur et un plaisir d’être ici aujourd’hui avec vous pour remettre avec Monsieur le Préfet et Monsieur l’inspecteur d’académie, les prix aux lauréats départementaux du concours national de la Résistance et de la déportation.

Comme vous le savez le thème retenu cette année a été : « L’appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle et son impact jusqu’en 1945 ».

Je vous rassure, je me garderais bien de vous faire un cours d’histoire sur la période et plus particulièrement sur l’appel du 18 juin. En effet, de nombreuses personnes ici présentes seraient sans aucun doute bien plus érudites que moi sur ce sujet, à commencer bien entendu par les collégiens et les lycéens présents qui ont participé à ce concours.

Néanmoins, il me semblait important de dire quelques mots sur le sens à donner à ce concours, et plus particulièrement sur le thème retenu cette année. Si la place de la 2nd guerre mondiale dans les programmes scolaires est encore très présente, elle apparait pour les nouvelles générations, comme un moment de plus en plus lointain.

Il y a une différence entre connaitre les événements de cette période et prendre conscience qu’ils ne sont pas déroulés dans un lointain passé, mais qu’au contraire que c’était hier. Et de nombreuses personnes en sont encore les témoins et les acteurs vivants de cette histoire, qui est notre histoire.

Ainsi, je trouve particulièrement nécessaire un tel concours et plus généralement toutes les initiatives visant à perpétuer la mémoire de la résistance et de la déportation.

Le Conseil général de Seine-Saint-Denis continue d’entretenir cette mémoire, par exemple, de nombreux collèges portent le nom de Résistants et nous avons eu l’honneur de baptiser le dernier collège que nous avons construit à Livry Gargan, du nom de Lucie Aubrac.

Nous venons de commémorer le  70ème anniversaire de l’appel du 18 juin du Général de Gaulle, qui a été naturellement choisi comme thème du concours de cette année.

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mercredi 16 juin

Communiqué de presse - Suppression des allocations familiales : «Le gouvernement continue sa chasse aux pauvres»


Vous trouverez ci-dessous ma réaction, transmise aux médias, à l'occasion de l'examen ce jour à l'Assemblée Nationale de la proposition de loi de l'UMP sur la suspension automatique  des allocations familiales en cas d'absentéisme prolongé.


C’est aujourd’hui que les députés examinent la proposition de loi du Député UMP Eric Ciotti, qui prévoit une suspension systématique des allocations familiales en cas d'absentéisme prolongé.

« L’absentéisme est un fléau » a répété le Président Sarkozy à plusieurs reprises. Et il entend agir vite, sans même entendre ni les conclusions des Etats généraux de la sécurité à l’école, ni même les voix qui, depuis cette annonce, se sont élevées contre cette mesure jugée injuste et inefficace.

Les Etats généraux ont clairement mis en avant la question de l’encadrement des jeunes dans l’enceinte de l’Ecole, la nécessité de former et accompagner les jeunes enseignants, prévenir le décrochage scolaire et veiller à une plus grande stabilité des équipes.

Les annonces du gouvernement en matière d’éducation vont dans un sens complètement opposé
: suppression des allocations familiales pour les parents d’élèves absentéistes, suppression de 16 000 postes à la rentrée, augmentation du nombre d’élèves par classe, diminution de la scolarisation des enfants de deux ans en maternelle, suppression des RASED, absence de remplacement des enseignants…
D’un côté, le gouvernement annonce une volonté de lutter contre l’absentéisme, de l’autre, il amplifie la destruction de l’Ecole de la République.

Les études sur le décrochage scolaire montrent que la suspension des prestations familiales ne fait que renforcer le sentiment d'exclusion sociale, de relégation et s'accompagne souvent d'un manque de communication avec les autorités à l'origine de la sanction, n'a pas d'efficacité. La suspension ne ramène pas les jeunes vers l'école.

L’absentéisme a des causes nombreuses, parfois parfaitement légitimes comme la volonté d'échapper au racket, la nécessité de travailler, une situation familiale difficile, une orientation désastreuse.

Un point fait consensus parmi les différentes études : l’absentéisme ne peut être imputé à la seule responsabilité familiale. Punir les parents ne règle pas le problème. Pire, sur un territoire comme la Seine-Saint-Denis, cela ne fera qu’aggraver des situations sociales d’ores et déjà dramatiques.

Encore une fois, à travers une loi votée en urgence, le gouvernement fait le choix de continuer sa chasse aux pauvres dont les premières victimes seront les habitants de Seine-Saint-Denis.

Le véritable fondement de cette proposition de loi est double :
-    brosser dans le sens du poil un électorat friand de tolérance zéro et autres réponses sécuritaires et punitives,
-    exonérer l’Etat de sa responsabilité collective de la réussite de tous au profit d’une stricte responsabilité sur le thème « quand on veut, on peut ».

Ce n’est pas ma conception du système éducatif. Plus que jamais, il nous faut nous battre pour que l’Ecole de la République retrouve ce rôle d’ascenseur social pour tous.

mercredi 9 juin

L'Education reste notre priorité


Vous trouverez ci-dessous mon courrier aux parents d'élèves, suite à la polémique lancée par Michel Hervieu, Président de la FCPE 93, sur la suspension du coupon ordinateur par le Conseil Général.

Cette décision intervient dans un contexte financier difficile où l'Etat nous doit 640 millions liés aux transferts de compétences et qu'il menace les services publics locaux par sa réforme territoriale.

Malgré ce contexte difficile et les incertitudes qui pèsent sur nous, j'ai tenu à faire la démonstration que l'Education reste notre priorité.


Madame, Monsieur,

Vous n'êtes pas sans connaître la situation financière extrêmement difficile dans laquelle se trouve le département de Seine-Saint-Denis.

Le transfert des compétences non compensées depuis 2004, la suppression d'un certain nombre de recettes comme la taxe professionnelle auxquelles viennent s'ajouter les effets de la crise qui provoquent une hausse mécanique des dépenses de solidarité comme le RSA ou l'aide aux mineurs isolés, créent une situation financière inédite.

La dette de l'Etat atteint aujourd'hui 640 millions.
Quant l'Etat ne paye pas ce qu'il doit au département, notamment sur les questions de solidarité nationale, que se passe-t-il ?
Soit nous nous résignons et alors nous sommes contraints d’appliquer les choix du gouvernement.
Soit nous continuons notre combat, sachant que nous avons d’ores et déjà gagné certaines batailles, avec la condamnation du Gouvernement par le Conseil d’Etat (30/12/09) pour la non compensation des dépenses liées à la protection de l’enfance.  

Le 8 avril, avec Claude Bartolone et l'ensemble de la majorité départementale moins une voix, nous avons fait le choix d’adopter un budget de révolte. Ce budget propose de reconduire l’ensemble des politiques menées en matière d’éducation, y compris les mesures « non-obligatoires » (comme le chèque ordinateur 6ème et le remboursement de 50% de la carte imagin’R), en inscrivant une recette exceptionnelle de 75 millions d’euros que l’Etat doit aux habitants de la Seine-Saint-Denis pour l’année 2010.
 
Comme de nombreuses organisations de progrès, notamment dans les secteurs culturels, sportifs et du handicap, l’ont fait, nous nous attendions à recevoir de la part de Michel Hervieu, Président de la FCPE Seine-Saint-Denis un soutien à notre démarche, afin d’exiger collectivement de l’Etat le remboursement de sa dette.

Malheureusement force est de constater que ce n'est pas le cas. La direction départementale de la FCPE a préféré faire porter à notre exécutif, l’entière responsabilité de la situation de dégradation des services publics en général et de celui de l’éducation en particulier.

La diminution du nombre de postes dans l’éducation, l’augmentation du nombre d’élèves par classes, la suppression des RASED, des CIO, des IUFM… Tout ceci ne semble pas nécessiter la mobilisation du président de la FCPE départementale.
Pour notre part, nous continuons à exiger de l’Etat les moyens nécessaires pour mener un projet éducatif ambitieux pour les jeunes de ce département.

Mais en attendant, je veux vous le redire ici, nous réaffirmons notre priorité à l’éducation.
En ce sens, que nous avons d’ores et déjà investi en faveur du développement du collège numérique à travers un plan de câblage de l’ensemble des collèges, de la connexion au haut voire très haut débit, du développement de l’Espace Numérique de Travail, de l’équipement massif en outils informatique. Cela représente plus 5 millions d'euros.

Nous avons augmenté de 30% notre budget d'investissement consacré à l'entretien et à la réparation des collèges avec notamment un plan de sécurisation des collèges pour lequel nous réservons plus de 2 millions d'euros par an.

Nous avons fait le choix d'être en pointe sur la question du décrochage scolaire en développant par exemple la mesure "Zéro élève exclu dans la rue" qui concerne aujourd'hui 24 collèges et qui a vocation à être étendu à l'ensemble du territoire dans les 2 ans qui viennent.
Ce ne sont ici que des exemples mais ils démontrent clairement notre volonté de toujours mettre au cœur de nos priorités départementales les élèves de Seine-Saint-Denis.

Ceci dit, pour répondre aux interpellations du président de la FCPE 93. Sur la question du coupon informatique j'assume pleinement ma préférence pour un équipement collectif de pointe qui profite à tous par rapport à une mesure d'équipement individuel.
Je ne souhaite évidemment pas à avoir à faire ce choix car je pense que les deux logiques sont complémentaires. Mais si l'Etat n'honore pas ses dettes et qu'il nous contraint à faire des choix de coupes budgétaires, j'ai l'intime conviction que la priorité doit aller à l'équipement des collèges.

Concernant la carte imagin R, nous étions jusqu'alors dans une logique d'aide globale à l'autonomie des jeunes. Encore une fois, si l'Etat nous y contraint nous serons obligés de basculer dans une logique d'aide sociale afin de permettre aux familles les plus défavorisés de continuer à bénéficier de cette aide. C'est dans ce sens que nous avons choisi de préserver le remboursement de la carte Imagin R pour les collégiens boursiers.

Vous le voyez, face à la volonté affichée du gouvernement de réduire le périmètre des services publics, nous nous battons pour préserver le maximum d'entre eux
 
Une séance du Conseil Général est prévue le 25 juin, lors de laquelle un nouveau budget sera présenté. Nous saurons alors si l’Etat fait le choix de toujours moins de services publics. Dans ce laps de temps, et même après cette date, c'est ce combat pour notre département que nous devons mener de concert.

Ce qui est sûr, c’est que le gouvernement n'attend qu'une chose, c'est que les citoyens fassent porter la responsabilité de la suppression de certains services publics sur les collectivités.
 
Ne tombons pas dans le piège que nous tend Nicolas Sarkozy et restons unis pour exiger du gouvernement qu'il prenne ses responsabilités dans l'intérêt de la Seine-Saint-Denis et de ses habitants.

Veuillez, Madame, Monsieur, accepter mes salutations distinguées.


Mathieu Hanotin
Vice Président du conseil général en charge de l'Education

jeudi 3 juin

Débat sur les retraites avec Gérard Filoche : des outils pour discuter, convaincre et mobiliser




J'ai eu plusieurs fois l'occasion de rappeler ma position donc je ne reviendrai pas sur l'analyse qui me conduit à défendre la retraite à 60 ans à taux plein.

Gérard Filoche l'a très bien expliqué aux nombreux militants socialistes de Seine-Saint-Denis, réunis à l'initiative d'Un Monde d'Avance 93, une retraite à 60 ans à taux plein serait une mesure de bon sens et de justice.

La journée de mobilisation du 24 juin à l'appel de l'intersyndicale devra être une réussite. Je vous invite une nouvelle fois à discuter, convaincre et mobiliser autour de vous afin de construire le rapport de force nécessaire pour faire plier Sarkozy et son gouvernement de droite. Je ne doute pas que le travail de conviction et de mobilisation portera ses fruits.

Pour aller plus loin
La pétition Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites
Une vraie retraite à 60 ans c'est possible, Gérard Filoche & Jean-Jacques Chavigné, Ed. Jean-Claude Gawsewitch, 18.90€ dans toutes les bonnes librairies
Les propositions du PS pour la retraite à 60 ans


jeudi 27 mai

Mobilisation pour les retraites : ce n'est qu'un début, continuons le combat !




1 million de manifestants dans toute la France dont 90 000 à Paris

La journée de mobilisation, à l'appel des syndicats CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa et Solidaires pour les retraites, est une première victoire contre la droite.
La réussite de cette journée, où les salariés étaient plus nombreux que lors de dernière grève, est encourageante pour la suite de la mobilisation. De plus, face à un gouvernement qui ne cache plus son intention de reculer l'âge légal de départ à la retraite, les salariés ont envoyé un signal clair de détermination.

Le PS en phase avec la mobilisation
Le Parti Socialiste avait organisé un point fixe pour soutenir les manifestants qui nous ont réservé un très bon accueil. Cet accueil chaleureux ne fait que confirmer que le PS est en phase avec les salarié dans la défense de la retraite à 60 ans.

Ce n'est que le début continuons le combat !
Il faut continuer de mobiliser autour de nous et déconstruire le discours dominant qui veut nous imposer l'idée que le recul de l'âge légal de départ à la retraite est inévitable. Je reste profondément convaincu que la retraite à 60 ans à taux plein est possible.

Je vous propose de venir en discuter ensemble , à l'occasion de la rencontre-débat avec Gérard Filoche organisée par les militants d'Un Monde d'Avance:
"Quel avenir pour nos retraites ?"
mercredi 2 juin à 20h au Pré-Saint-Gervais
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dimanche 23 mai

Esclavage et traite négrière: le nécessaire devoir de mémoire


Le Comité Marche pour le 23 mai 1998 (CM98) organisait ce jour à Saint-Denis, la 12ème commémoration en mémoire des victimes de l'esclavage colonial. Le Conseil général de Seine-Saint-Denis soutien cette manifestation qui au-delà  de la nécessaire mémoire aux victimes de l'esclavage est également un moment de lutte contre le racisme.


La journée s'est achevée par une fête de la fraternité lanmèkannfènèg (lanmé l'océan, kan canne à sucre, fè les fers des chaînes, nèg nègres) au cours de laquelle je suis intervenu au nom du Département. Vous trouverez ci-dessous mon intervention:

Mesdames et messieurs, commémorer c’est refuser d’oublier.

Dans notre histoire commune, l’esclavage est une tragédie humaine, une blessure, un crime contre nous-même. Parce qu’il fut à l’échelle d’un continent entier et pendant des siècles, le fruit de la négation de l’Homme par l’Homme, la réduction de l’Homme à l’état d’animal.

Comment oublier la déportation et l’asservissement de millions d’hommes et de femmes? Comment taire leur entassement dans des cales, leur exploitation jusqu’à la mort? Comment nier qu’ils ont été troqués comme des animaux?

Nous avons un devoir de mémoire collective qu’il nous appartient de cultiver tant pour condamner les crimes perpétrés que pour saluer la victoire des résistants. Parce qu’avant tout, l’histoire de l’esclavage, c’est l’histoire d’une résistance, d’un crime contre l’humanité qui a été vaincu. Cette résistance de l’esclave a marqué de manière indélébile notre histoire puisque ces Hommes « fracassés » se sont battus pour créer une nouvelle société fondée sur la liberté et l’égalité.

Voilà pourquoi, cette journée de commémoration est riche d’enseignements.

Nous retrouver ensemble aujourd’hui, c’est aussi rendre hommage aux victimes de ce passé ignoble qui par leur courage ont permis à d’autres de mener ce combat. Nous avons tous en mémoire des exemples de personnages qui ont marqué l’Histoire : Je pense à Delgrès en Guadeloupe ou à Toussaint Louverture à Saint-Domingue, sans oublier Victor Schoelcher. Tous,  en abolitionnistes acharnés, ont permis que les Droits de l’Homme si chers à la République soient appliqués à tous les Hommes dans tous ses territoires.

Nous retrouver ensemble aujourd’hui, c’est rendre à nos ancêtres, vos parents meurtris par la violence et la crainte, leur statut d’Homme.

C’est en cela, que cette journée est importante, elle nous permet de nourrir cette mémoire notamment -comme nous avons pu l’entendre ce soir- à travers cette culture antillaise qui est devenue une « arme miraculeuse » de justice et de dignité pour reprendre les propos d’Aimé Césaire.

Je suis fier que dans notre pays, la République ait été l’outil de l’abolition. Une première fois en 1794 mais annulée en 1802 par Napoléon, puis définitivement par la 2nde République le 27 avril 1848 grâce notamment à l’action de Victor Schoelcher

C’est dans cet esprit qu’en 2001 et par l’engagement de Christiane Taubira que la France inscrit dans la loi, la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Commémorer c’est lutter contre le racisme.

Le travail de mémoire est crucial pour notre pays, car ne nous y trompons pas, aujourd’hui encore, cette tragédie a des échos. L’esclavage a nourri durablement le racisme et a donné corps aux thèses les plus infâmes pour justifier de tels actes inhumains.

Ce sont ces actes non assumés qui nourrissent et qui encouragent la discrimination envers nos jeunes ultra-marins ou issus de l’immigration. Cela est inacceptable.

A l’heure où les discriminations et le racisme minent la France et nient notre identité, le combat pour défendre les valeurs républicaines est plus que jamais d’actualité. C’est notre rôle à tous, et plus particulièrement à nous en tant qu’élus et responsables politiques, de mener ce combat.

C’est ainsi que je dénonce avec la plus grande fermeté les derniers débats sur l’identité nationale qui ont offert, sous couvert de dérapages verbaux, une tribune aux pires propos racistes et xénophobe.

Je n’oublie pas non plus le tristement célèbre discours de Dakar et la liste est malheureusement loin d’être exhaustive.

De telles actions ne font qu’attiser la haine et ne font qu’accroitre le sentiment d’exclusion d’une partie de nos compatriotes.

Cela m’est insupportable !

Je regrette que le chef de l’Etat, M. Nicolas Sarkozy se refuse à comprendre que la diversité est source d’enrichissement et de dynamisme pour notre l’identité.

Commémorer c’est donc bel et bien le premier levier pour lutter contre le racisme. Mais commémorer, c’est aussi enseigner.

Je suis un fervent défenseur de l’enseignement de l’Histoire à l’Ecole. Je dois d’ailleurs vous faire part de mon inquiétude quand à la place de plus en plus faible qui lui est faite dans les nouveaux programmes scolaires.

Lorsque je vous parle d’Histoire, je pense bien entendu à celle écrite par les historiens, et non pas de celle du projet de loi du 23 Février 2005, qui préconisait d’enseigner la colonisation dans ses aspects positifs… Je ne reviendrai pas sur cette idée aussi absurde qu’irresponsable.

Si la colonisation et les indépendances sont enseignées, je regrette que l’histoire de la traite et de l’esclavage fasse figure de parent pauvre en métropole.

Bien souvent l’évocation de cette période de notre histoire ne repose que sur la bonne volonté des enseignants. Pourtant des outils simples pourraient faciliter la diffusion de cette histoire telle que la réalisation d’un kit pédagogique par l’Education Nationale qui pourrait être distribué aux enseignants.

Je suis persuadé qu’il est primordial d’effectuer ce travail auprès des jeunes de notre pays, afin de garantir notre cohésion sociale et défendre nos valeurs républicaines. La littérature, le droit ou la philosophie pourraient faciliter l’échange sur des sujets encore trop douloureux à aborder. Par ailleurs, il nous faudrait des outils innovants tels que des films à projeter dans les salles de cours.

Je me permets un aparté, pour évoquer la polémique dont est victime le cinéaste Rachid Bouchareb. Après le film « Indigènes », c’est au tour du film « Hors-la-loi » de subir les attaques inacceptables. Je ne peux que m’indigner des pressions exercées pour que ce film ne soit pas présenté au festival de Cannes, ni même diffusé sur les chaînes de France Télévisions.

Elles ne font que prouver ce profond malaise français à regarder son histoire les yeux dans les yeux. Cette levée de bouclier nous rappelle ô combien il est important de travailler avec nos enfants, afin qu’enfin notre pays se construise autour des valeurs de notre République et tourne les lourdes pages du passé.

Voilà pourquoi mes chers amis, en ma qualité de Vice-Président du Conseil général en charge de l’éducation, de la citoyenneté et de la lutte contre les discriminations et en accord avec Claude Bartolone, je vous incite à pousser les portes de nos collèges afin d’accompagner les enseignants qui le désirent pour effectuer un travail de réflexion autour de ces thèmes.

Mesdames et Messieurs, la grandeur d’un peuple se mesure à sa capacité d’assumer son histoire. Sachez que nous sommes près de vous, pour que notre pays, nos concitoyens ne se taisent plus et que cette loi du silence soit brisée au profit d’une République lucide, vigilante et solidaire.

Je vous remercie.


jeudi 6 mai

"Education: certains chefs d'établissement pourront recruter leurs enseignants", paru sur Mediapart


Vous trouverez ci-dessous un article du journal en ligne Mediapart dans lequel je suis cité et qui traite des annonces de Sarkozy dans le domaine de l'éducation.



Devant quelque trois cents recteurs, inspecteurs d'académie, procureurs généraux et préfets réunis mercredi à l'Elysée, le chef de l'Etat a enfoncé le clou sur la violence et l'absentéisme scolaire. Des mesures pour «rétablir l'ordre et réhabiliter l'autorité» qui ne font que rabâcher les propos de son précédent discours du 20 avril à Bobigny: suspension des allocations familiales en cas d'absentéisme, présence de policiers référents dans les établissements les plus durs et création d'internats «de réinsertion» rassemblant les élèves pertubateurs.

Mais l'intervention contient également un changement majeur, qualifié par un Nicolas Sarkozy à la mine réjouie de «petite révolution dans l'éducation nationale»: la possibilité pour certains chefs d'établissement de recruter eux-mêmes leurs enseignants.

Des établissements plus autonomes

Dès la rentrée 2010, «dans une centaine d'établissements particulièrement exposés à la violence», a annoncé le chef de l'Etat, «le chef d'établissement aura le droit de procéder lui-même au recrutement des professeurs sélectionnés sur profil, sur la base du volontariat». Luc Chatel avait déjà préparé le terrain en annonçant, le 8 avril, la création d'une centaine de «collèges et lycées pour l'ambition, l'innovation et la réussite», dits «Clair», dotés d'une plus grande autonomie pour mener leur projet pédagogique et choisir leur équipe. Mais il n'était à l'époque question que du choix par le chef d'établissement de son adjoint voire de son conseiller principal d'éducation. Objectif affiché: stabiliser les équipes éducatives pour éviter le taux de rotation très important des enseignants dans les établissements les plus difficiles où sont de surcroît souvent affectés les enseignants les plus jeunes et les moins expérimentés.

Derrière la lutte contre la violence, c'est surtout l'aboutissement logique de réformes qui redessinent le paysage éducatif depuis quelques années. De la création des projets d'établissements en 2005, à la récente réforme du lycée qui laisse à l'établissement le soin d'organiser un tiers du temps de classes des élèves (au lieu de le fixer au niveau national), en passant par le renforcement du conseil pédagogique, la logique est celle d'une autonomie des collèges et lycées, à travers un chef d'établissement plus puissant, et d'une diversification de l'offre éducative.

L'assouplissement de la carte scolaire instauré en 2007 par Nicolas Sarkozy pour donner le «libre choix» aux familles complète le tableau, au risque de placer les établissements en concurrence. «C'est une logique inégalitaire qui se met en place, un discours assimilant l'école à l'entreprise», a réagi mercredi sur le site du Monde, Frédérique Rollet, secrétaire national du SNES-FSU. Seuls une centaine d'établissements devraient échapper au «mouvement» – le processus d'affectation des enseignants –. Mais le président de la République envisage de l'étendre dès 2011 en cas de réussite.

Des internats pour les plus durs

Pour le reste, Nicolas Sarkozy a précisé le fonctionnement des nouvelles structures annoncées le 20 avril pour recadrer les élèves «qui rendent la vie impossible à leur établissement». Ces internats «de réinsertion scolaire» accueilleront entre 20 et 30 jeunes de 13 à 16 ans pendant un an, avec «une pédagogie qui mettra l'accent sur l'apprentissage de la règle, le respect de l'autorité et le goût de la règle». Condition de recrutement: avoir été exclu au moins une fois par un conseil de discipline. Une dizaine d'internats devraient ouvrir à la rentrée 2010 (dont deux en Seine-Saint-Denis).

Avec un petit problème d'échelle selon Mathieu Hanotin, vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis, en charge des questions d'éducation. «En Seine-Saint-Denis entre 800 et 1000 élèves sont exclus par an, dit-il. Suite à cette exclusion, 30 à 40% d'entre eux décrochent et rentrent dans une logique de polyexclusion. Alors vendre une réponse qui ne va concerner que 300 élèves au niveau national, ce n'est pas à la hauteur de la problématique du décrochage.»

Sans compter le risque, selon lui, de créer des «bombes dans les établissements» en rassemblant tous les jeunes «à problèmes» dans ces internats au lieu de rechercher des solutions individualisées dans le cadre des classes-relais déjà existantes. «On bascule dans une logique de responsabilité individuelle totale, relève Mathieu Hanotin. Il y a ceux qui veulent réussir et ceux qui ne veulent pas, et qu'on va sortir de l'établissement pour ne pas perturber les autres. Mais, face à un phénomène aussi massif que le décrochage scolaire, la vraie question serait de s'interroger aussi sur la responsabilité de la société.

Des policiers référents dans 53 établissements

Reçus mardi par Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, et Luc Chatel, ministre de l'éducation, 53 chefs d'établissements parmi «les plus exposés aux phénomènes d'intrusions et de violences aux abords» se sont vu «proposer» la création d'un bureau destiné à un gendarme ou policier référent «qui tiendra des permanences plusieurs fois par semaine au sein même de l'établissement». A charge pour eux de se justifier par écrit s'ils refusent cette «proposition», a prévenu Nicolas Sarkozy mercredi. Ce dispositif a été généralisé dans les collèges des Hauts-de-Seine où Nicolas Sarkozy, alors président du conseil général, l'avait testé dès 2006.

«Totalement à côté de la plaque», juge, quatre ans plus tard, Marianne Auxenfans, du syndicat enseignant Snes des Hauts-de-Seine, qui estime que «balancer un policier en uniforme dans une cour de récréation crée plus de problèmes que cela n'en règle». D'ailleurs, selon elle, le dispositif a été «vidé de ses aspects les plus gesticulatoires» dans les Hauts-de-Seine, la plupart des policiers référents n'ayant pas de bureau dans les établissements.

Au final, il s'agit donc d'une simple amélioration des relations avec le policier référent. «Chaque collège sait à quel policier il faut téléphoner au commissariat s'il y a un souci, mais ça nous fait une belle jambe d'avoir des facilités pour porter plainte si on n'a pas su éviter les bousculades et les bagarres avant, regrette-t-elle. Dans certains établissements par exemple, on supprime des postes de conseiller principal d'éducation qui sont très importants dans la lutte contre l'absentéisme. Alors à force de priver les établissements d'une politique de déminage du conflit, de dépistage des gamins qui ne vont pas bien, on rend la politique d'éducation moins cohérente et, quand il y a un problème, il ne reste plus qu'à appeler les pompiers...»

Suspension des allocations familiales

Le chef de l'Etat a confirmé que la proposition du député UMP Eric Ciotti, qui prévoit l'automaticité de la suspension des allocations familiales en cas d'absence injustifiée d'un élève, sera votée «avant la fin de l'été». Après avertissement à la famille, en cas de «récidive», l'inspecteur d'académie aura donc «l'obligation de saisir le directeur de la CAF, qui a lui-même compétence liée pour suspendre immédiatement le versement».

Cette décision contredit les travaux des membres du conseil scientifique des états généraux de la sécurité à l'école. Dans un rapport de recherche sur le décrochage de 2003, Catherine Blaya, professeure à l'université de Dijon, concluait que la suspension des prestations familiales, outre qu'elle «ne fait que renforcer le sentiment d'exclusion sociale, de relégation» et s'accompagne souvent d'un «manque de communication avec les autorités à l'origine de la sanction», n'avait pas d'efficacité. La suspension «ne ramène guère les jeunes vers l'école», écrivait-elle.

Les annonces du chef de l'Etat sont d'ailleurs en complet décalage avec les conclusions des états généraux de la sécurité à l'école des 7 et 8 avril. «C'est assez hallucinant car tout le discours tolérance zéro, va-t-en-guerre, vidéosurveillance, a été disqualifié par nos collègues universitaires venant de l'étranger lors des états généraux de la sécurité à l'école, raconte Françoise Lorcerie, directrice de recherches au CNRS, elle aussi membre du conseil scientifique. Ces mots d'ordre ont déjà été mis en œuvre aux Etats-Unis par exemple et ont montré la preuve de leur insuffisance voire de leur nocivité.» 

Seul crédit au discours scientifique, Nicolas Sarkozy a mentionné la généralisation de la «mallette des parents», une expérimentation visant à rapprocher les parents de l'école, qui avait fait ses preuves dans l'académie de Créteil sous la férule de Martin Hirsch, ancien haut-commissaire à la jeunesse. 

Louise Fessard

Site du journal Mediapart


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