Vous trouverez ci-dessous une tribune que j'ai signé avec de nombreux élus locaux d'Ile-de-France et publiée sur Médiapart . Elle réaffirme la priorité des réponses humaines face aux actes de violence à l'Ecole.
, tête de liste socialiste en Seine-Saint-Denis pour les élections régionales.

Nous, élus locaux des
départements et de la région Ile-de-France, assistons chaque jour à la
montée d'un véritable malaise dans nos écoles, nos collèges et nos
lycées.
Si
l'école maternelle et élémentaire a largement fait et fait encore les
frais de mesures essentiellement motivées par une logique comptable
visant à amputer le budget consacré à l'Education, la réduction des
moyens humains et la suppression de la carte scolaire dans le second
degré démontrent encore plus clairement la volonté du gouvernement de
créer un système scolaire à deux vitesses.
Il est en effet inacceptable de voir des collèges aux publics fragiles,
notamment les collèges du réseau « ambition réussite », davantage
pénalisés par l'assouplissement de la carte scolaire. La Cour des
comptes a d'ailleurs récemment souligné le risque de créer de
véritables « ghettos scolaires » en permettant aux élèves ayant les
meilleurs résultats de quitter prioritairement ces établissements.
Cette politique est celle de la rupture avec l'idéal républicain d'une
école de la réussite de tous.
Le fait que le ministre de l'Education et la ministre candidate de
l'Enseignement supérieur se soient autorisés, à nouveau, à
instrumentaliser l'agression d'un élève au sein du lycée
Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine pour replacer les questions de
sécurité au cœur de la campagne pour les élections régionales nous a
choqué même si le gouvernement est coutumier du fait.
Rappelons en effet que déjà, au moment de la campagne des élections
européennes, Nicolas Sarkozy, selon une pratique maintenant bien rôdée,
avait sous prétexte d'apporter des réponses à la montée de la violence
en milieu scolaire, proposé
l'installation de portiques anti-métaux dans les établissements du
second degré. Au-delà de l'inefficacité de la mesure, du manque de
connaissance de la réalité vécue par les communautés éducatives qu'elle
révélait, son coût était juste faramineux ! Il aurait sans nul doute,
si le gouvernement avait persisté, dû être majoritairement supporté par
les collectivités locales compétentes en matière de travaux de
sécurisation.
Mais l'instrumentalisation des questions de sécurité tout comme le
réflexe d'annoncer sans concertation ni moyens des mesures qui
impacteront de fait le budget de nos collectivités est une méthode
largement éprouvée par le gouvernement !
Désormais un autre pas est franchi :
le gouvernement va jusqu'à imputer la responsabilité de l'agression de
Vitry-sur-Seine aux collectivités (départements et région) au prétexte
qu'elles n'auraient pas installé la clôture que le diagnostic de
sécurité de l'établissement aurait recommandé!
Au-delà
de l'inélégance de la méthode, nous souhaitons rappeler que ces
diagnostics ont été décidés unilatéralement par le gouvernement et que
très rares ont été les collectivités à y être associées. A Paris comme
dans le Val-de-Marne, nous n'avons pas été invités à participer à leur
élaboration ni même reçu ces documents.
Symptôme d'un malaise social
aggravé chaque jour par la crise, l'augmentation des actes de violence
n'épargne, il est vrai, ni les abords ni l'intérieur des établissements
scolaires. Nous
constatons pour autant que si une grande partie des communautés
éducatives sollicite des dispositifs qui permettent de contrôler les
accès des collèges, la bunkerisation des établissements proposée par le
Gouvernement ne fera jamais office de solution miracle pour enrayer la
montée des violences. Seule
une présence d'adultes suffisante peut garantir, au sein des
établissements, le dialogue avec les élèves et un niveau d'encadrement
sans lesquels la lutte contre la violence est vouée à l'échec.
Or, le gouvernement file la contradiction : après avoir supprimé
plus de 36 000 postes dans l'Education nationale en 4 ans et annoncé la
suppression de 16 000 postes supplémentaires à la rentrée 2010, la
ministre candidate de l'Enseignement supérieur vient de réitérer sa
proposition visant à financer des postes de surveillants-tuteurs afin
de prendre en charge les jeunes les plus difficiles dans les lycées. La
majorité présidentielle a aussi proposé de déployer des gendarmes à
leurs alentours pour créer « un climat d'insécurité permanent chez les
délinquants ». Sans parler de la stigmatisation
des élèves que ces propositions induisent, nous pensons au contraire
que de telles mesures risqueraient encore d'aggraver le climat de
tension qui règne déjà dans certains collèges et lycées.
Nous
pensons qu'aux actes de violence doivent d'abord être apportées des
réponses humaines privilégiant le soutien aux professeurs, aux
éducateurs et à leur juste autorité, ainsi qu'aux familles et aux
élèves en difficulté ou en situation de décrochage. Qui d'autre que les
enseignants, les conseillers principaux d'éducation et d'orientation,
les personnels qualifiés de vie scolaire, les infirmiers, assistants
sociaux et psychologues scolaires peuvent contribuer au quotidien à la
sérénité au sein des établissements ? Leur connaissance des élèves, de
leurs fréquentations et de leurs familles leur permet bien souvent de
prévenir le passage à l'acte. C'est
pour cela que nous demandons sans relâche que des postes pérennes
d'enseignants et de personnels de vie scolaire soient rétablis et que
nous refusons le recours à des personnels précaires pour effectuer les
remplacements.
Aussi, nous ne pensons pas que les Etats généraux de la violence
scolaire déboucheront
sur des solutions concrètes. Ils ne sont qu'une énième annonce du
ministre de l'Education nationale pour politiser (au sens politicien
du terme) cette question.
Convaincus
de l'importance de cet accompagnement humain, nous développons, dans le
cadre de nos compétences, des dispositifs spécifiques qui contribuent à
proposer des réponses axées sur la prévention, l'accompagnement des
élèves les plus fragiles en lien avec les familles - en particulier les
jeunes décrocheurs - à l'école et dans leur quartier, l'aide à la
parentalité ou encore le soutien aux projets de promotion de la
citoyenneté, axés sur la lutte contre toutes les formes de
discriminations ou l'accès à des activités culturelles et sportives.
Quant
au traitement des faits de grande violence, nous redisons avec le
président de la région Ile-de-France, qu'il serait bon que l'Etat
prenne ses responsabilités puisqu'en la matière il reste seul compétent.
Colombe Brossel, adjointe au Maire de Paris chargée de la vie scolaire et de la réussite éducative
Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris, tête de liste du Parti socialiste aux élections régionales à Paris
Bruno Julliard, Adjoint au Maire de Paris chargée de la jeunesse, Secrétaire National du Parti Socialiste à l'éducation
Gerard Sebaoun, Vice-Président du Conseil Général du Val d'Oise, chargé de l'éducation, la jeunesse et la prévention.
Monique Delessard, Vice-Président du Conseil Général de Seine-et-Marne, chargée de l'éducation et des collèges.
Mathieu Hanotin, Vice-Président en Seine Saint Denis, chargé de l'éducation, de la citoyenneté et de la lutte contre les discriminations.
Abdelhak Kachouri, tête de liste du Parti Socialiste pour les élections régionales en Seine-Saint-Denis
Ali Soumare, tête de liste du Parti Socialiste pour les élections régionales dans le Val d'Oise
Michèle Sabban, tête de liste du Parti Socialiste pour les élections régionales dans le Val-de-Marne
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